Ex chef de la junte, Moussa Dadis Camara est inculpé dans le dossier du massacre du 28 septembre 2022. Alors que le procès de cette affaire s’ouvre ce mercredi, l’avocat de l’ancien Président soutient qu’il est inadmissible d’imputer à son client, la responsabilité pénale des crimes commis.

Treize ans après le massacre perpétré au stade du 28 septembre, un procès va s’ouvrir. Président de la Guinée à l’époque, Moussa Dadis Camara est inculpé dans le dossier. Il doit comparaître pour plusieurs chefs d’accusation. La commission internationale lui a imputé une responsabilité criminelle personnelle et une responsabilité de commandement.

Pour son avocat Maître Pépé Antoine Lama, il n’est pas raisonnable de prendre Dadis, pour responsable des crimes commis ou du moins de le punir pour des crimes perpétrés par des forces de défense et de sécurité.

« Est-ce qu’Emmanuel Macron va être considéré comme responsable des crimes que les soldats français commettent au Mali ? Est-ce que George Bush est considéré comme responsable des bavures reprochées aux soldats américains en Irak ? (…) Ne pensez pas parce qu’il était chef de l’Etat à l’époque qu’on doit l’imputer la responsabilité pénale de tout ce qui aurait été commis par les forces de défense et de sécurité. C’est un raisonnement qui n’est pas pertinent. Ça ne peut pas marcher. »

Maître Pépé soutient que son client n’était pas sur les lieux du crime et n’a ordonné à personne d’y aller. Il confie que la préoccupation de Moussa Dadis dans cette affaire est de laver son honneur et de prouver son innocence.

« Le capitaine Moussa Dadis n’était pas au stade et n’y a envoyé personne. Il ne peut pas dire ce qui s’est passé là-bas. C’est pourquoi, il est très serein et il viendra livrer sa part de vérité (…). Aux yeux du droit, nous ne sommes pas inquiets (…) Il est préoccupé pour prouver son innocence, laver son honneur de la boue depuis 13 ans ». Des propos rapportés par Visionguinee.

Au terme d’une audition ce mardi, au Tribunal chargé de juger l’affaire, Moussa Dadis Camara a été conduit en prison, avec d’autres inculpés.

Ib’n KABA