« J’étais à Conakry, nous avons discuté et nous sommes arrivés à un consensus, qu’on ne peut pas dépasser les 24 mois ». Voici les propos tenus ce mercredi, par le Président en exercice de la CEDEAO, Umaro Sissoco Embalo, chez nos confrères de RFI. Comme l’on pouvait s’y attendre, la réponse du pouvoir de Conakry n’a pas tardé à venir. Le porte-parole de la Présidence guinéenne, le Colonel Amara Camara vient de faire une sortie très salée. Le responsable du CNRD n’a pas du tout fait de cadeau au chef d’Etat Bissau-guinéen qu’il qualifie d’ailleurs de «menteur ».

« (…) Les mensonges grossiers et les propos qui s’apparentent à de l’intimidation sont de nos jours des pratiques rétrogrades qui n’honorent pas son auteur et ternissent par la même occasion, l’image de marque de la CEDEAO. Nous ne voulons pas porter cette honte. C’est pourquoi, le temps est venu de dire ce qui a été dit en Guinée et qui est archi-faux et décousu de tout sens. Ce dont il a été question dans les échanges, est le contenu du chronogramme de la transition », a-t-il déclaré dans un premier temps.

Poursuivant, le porte-parole à la Présidence porte des accusations contre le Présidence Embalo. Amara confie que les démarches du patron de la CEDEAO visent à donner une mauvaise image de la transition en Guinée.

« Le respect de notre pays et de nos dirigeants est la base de toute relation au sein même de la CEDEAO. L’instabilité ne peut être une marque de gouvernance ou un droit acquis. La démarche du Président Embalo procède d’une diabolisation du régime de la transition en Guinée, ça ne marchera pas. Parce que, ses intentions et son orientation sont connues. Toutes les démarches menées par lui en lieu et place de la CEDEAO étaient de nature à entériner son choix de candidat pour les futures élections. »

Le Colonel Amara se veut clair sur l’engagement du CNRD à mener à bien sa mission en faveur du peuple de Guinée. L’officier de l’armée le dit à qui veut l’entendre : « Nous ne laisserons personne prendre en otage la voix du peuple. Si cela nous vaut de l’acharnement. Nous voulons rassurer la communauté nationale et internationale que le peuple souverain de Guinée sera au rendez-vous de l’histoire, parce que nous ne reculerons pas… »

Un sommet extraordinaire de la CEDEAO se tient aujourd’hui aux États-Unis. La transition en Guinée et au Mali seront à l’ordre du jour. Faut-il s’attendre à de nouvelles sanctions contre la Guinée ?

Ib’n KABA