La Transition en Guinée est dans le coaltar. Elle connaît déjà ses premiers morts, blessés, actes de vandalisme et arrestations. Or, le Colonel et sa troupe au pouvoir semblent encore très loin d’atteindre la vitesse de croisière d’un processus, qui est loin de connaître son épilogue. Au bout de cette parenthèse, beaucoup de guinéens espèrent enfin voir leur pays défaut de ses vieux démons. Le premier des guinéens depuis le 5 septembre, semble déterminé à ne faire le moindre repli.

Dans une interview accordée à l’équipe de Moussa Moise Sylla, le « Spin Doctor » recruté pour construire l’image de marque de la première institution du pays, le Colonel se veut rassurant quant au respect de ses engagements de départ.

« Dès le lendemain du 5 septembre, j’ai clairement exprimé ma volonté d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel. L’engagement pris dans la charte sur ma non candidature et celle des membres du CNRD, traduit, on ne peut mieux, mes intentions. »

Pas de candidature certes, mais l’ancien patron des forces spéciales affiche une intransigence quant à sa volonté de débarrasser la Guinée des pratiques qui ont maintenu sa population dans une précarité et une paupérisation insolentes. Il poursuit son propos en ces termes: « Cependant, il est raisonnable pour moi de corriger les défaillances qui pourraient reconduire le pays vers l’abîme, comme ce fut le cas, dans un passé récent. Le but pour moi, est de permettre aux futurs dirigeants de la Guinée de trouver un pays nettoyé, assaini et épuré. C’est en tout cas le sens des réformes que le CNRD, sous mon autorité, a engagées depuis le 5 septembre. »

La Transition semble vaciller et ne pas avoir trouvé le chemin malgré les bonnes intentions de réformer plusieurs secteurs de l’administration guinéenne. Le Premier Ministre dont l’absence depuis bientôt trois semaines parti pour un check-up qui ne dure normalement pas plus d’une semaine, inquiète moult observateurs. Des supputations commencent déjà au sujet de son remplacement, allant des pronostics les plus farfelus à ceux raisonnables. 

Le dialogue tant réclamé lui, n’arrive pas à être réalité. Le CNRD affiche son refus de se mettre autour de la table avec une classe politique minée par des dissensions et guerres d’égo. Parmi les revendications de cette dernière, une guerre de vocabulaire s’ouvre entre les mots « dialogue » et « concertation ». Pauvre Guinée!

Daraba