Le dialogue interreligieux est un phénomène transnational lié aux transformations du religieux dans un contexte de globalisation avec le paradigme de brassage cultuel des valeurs religieuses et extra religieuses. En effet, le dialogue inter-religieux suppose l’existence d’un souci entre les confessions religieuses. Cependant, en Guinée les religieux ont toujours été pour la cohésion sociale. Il est nécessaire encore d’utiliser les respects religieux pour couvrir la mauvaise politique de nos gouvernants. Alors que la vraie bataille actuellement doit consister à la promotion de la bonne gouvernance car, les religieux ne sont responsables ni de notre situation actuelle ni de celle du peuple. En conséquence, la solution se trouve ailleurs, nos gouvernements doivent prendre leurs responsabilités.

Cette tribune met l’accent sur la nécessité de la tenue d’un forum « forum de la bonne gouvernance » plutôt qu’un forum de dialogue national inter-religieux car, le challenge qui se pose est la bonne gouvernance qui doit être impulsée par l’État et les religieux doivent l’accompagner en servant d’auxiliaires à la promotion des bonnes actions de développement dans tous les domaines notamment : la sensibilisation sur les questions de santé publique, la réconciliation nationale, la gestion des crises à caractère social et religieux. En réalité, est-elle une démarche participative dans le cadre de la gouvernance ou le résultat d’une carence de la gouvernance par l’Etat ou plutôt une technique de couvrir leur cul-de-sac de politique publique ?

Par conséquent, la Guinée n’a-t-elle besoin d’un forum réunissant tous les acteurs autour de la question de la bonne gouvernance, la réconciliation nationale et le dialogue entre les politiques qu’un forum national inter-religieux. J’ose croire que le ‘‘TDR’’ de ce dialogue interreligieux devrait répondre à des préoccupations des citoyens par les voies et moyens qui nous mèneront au développement socio-économique en cette période plus que décisive dans la vie de notre nation.

Si l’on pourrait se permettre de se poser un certain nombre de questions, elles seront les suivantes :

1)      Le dialogue interreligieux est-il opportun en cette période de transition vu la cohabitation et coexistence pacifique inter-religieuse en Guinée ?

2)      Le dialogue interreligieux peut-il être un gage pour la cohésion sociale afin de donner une meilleure chance à la transition de mener à bon port cette délicate mission ?

3)      Est-ce  une manière d’instrumentaliser la religion et les religieux à des fins politiques voire une caution pour masquer certaines crises politiques que la transition fait face ?

4)      Est-ce que c’est une prévention pour éviter d’éventuelle crise inter-religieuse ? 

Il sied de reconnaître que les religieux ne devraient plus servir de caution pour les politiques dans notre pays, aujourd’hui, le cheval de bataille doit être la restauration de la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la refondation d’un Etat de droit. Il revient aux religieux de bien vouloir accepter de demander aux politiques de prôner la bonne gouvernance, la réconciliation nationale et de poser des actes qui vont dans l’intérêt supérieur de la nation.  Force est de constater que les religieux sont souvent indexés, ont leurs reprochent de ne pas pouvoir véhiculer un tel message à nos politiques de tout bord.

En effet, le constat démontre également que l’État est dans une impasse accablante pour impulser une meilleure stratégie de gouvernance. À ce titre, les dirigeants font désormais recours aujourd’hui aux religieux afin de surmonter des crises sociales qui résultent évidemment de la mauvaise gestion de la chose publique.

En revanche, notre pays à ardemment besoin d’un forum de la bonne gouvernance plutôt qu’un forum dialogue inter-religieux, l’urgence est d’instaurer la bonne gouvernance. Pourtant, celle-ci nécessite la mise en place d’un ensemble dispositifs avec  des mesures clés l’accompagnant pour instaurer un climat de confiance entre les acteurs, prôner de la transparence dans la gestion des biens publics, et prendre nos responsabilités en respectant nos engagements indispensables à la promotion des investissements à long terme, la stabilité financière, la quiétude sociale et l’intégrité dans les affaires, en sauvegardant les intérêts des différentes parties surtout le trésor publique, ces facteurs favorisent une croissance soutenue et plus forte qu’avant et l’édification d’une société qui sera de plus en plus cohérente, inclusive, tolérante, patriote et cette même logique se reflète dans l’électorat au détriment de tout choix fait par considérations ethniques ou religieuses, telle est la mission finale des nouvelles autorités.

A cet égard, à l’ère, le vrai dialogue doit être autour de la politique de développement et de la promotion d’une bonne gouvernance qui vont nous permettre d’éviter ce spectre de crises sociales et politiques à répétition, qui ont d’ailleurs eu à endeuiller assez de familles dans notre pays. Nous sommes convaincus que nos autorités de la transition avec leur bonne volonté et cet esprit patriotique de la refondation les animant autant, ouvriront enfin ce dialogue afin de restaurer et engager la construction d’un Etat de droit tout en prônant un développement durable sur tous les plans dans la solidarité et la quiétude grâce au respect de la chose publique tributaire de la bonne gouvernance et du développement durable.

En outre, nous sollicitons et exhortons nos religieux à défendre les valeurs religieuses, tant bafouées voire en contradiction avec nos lois imposées sans tenir compte de nos confessions ni de nos mœurs. Aujourd’hui, les valeurs religieuses sont piétinées. Nous vous demandons aimablement de bien vouloir accepter de défendre ces valeurs éthiques et les préserver. Par exemple en Guinée, les femmes voilées sont stigmatisées dans les milieux professionnel et académique, les intellectuels issus des cursus confessionnels réduits en néant, les leaders religieux sans aucune assurance ni prime, les lieux de cultes également sans assistance de la part de l’Etat pour ne citer que ceux-ci. En somme, nos confessions religieuses ont suffisamment de défis à relever, qui vont au-delà d’un dialogue avec un agenda ayant des connotations plus politiques que religieuses malgré son importance.

Nous formulons nos vœux ardents de plein succès et de grâce divine aux nouvelles autorités dans l’accomplissement de leur mission, et nous en appelons à la bonne foi de tout un chacun peu importe sa classe sociale de bien vouloir faire preuve de bons calculs sociaux avant des agissements politiques en vue de servir en toute loyauté et en toute sincérité l’intérêt du peuple.

L’intérêt du peuple, c’est l’intérêt supérieur de la nation, et c’est au peuple de participer à la mise en avant des priorités et des défis pressants de cette nouvelle ère transitoire qui reste décisive pour le futur de notre pays. Comme le disait Nelson MANDELA « tout ce qui est fait pour nous sans nous est contre nous », les priorités des priorités de la Guinée demeurent aujourd’hui la mise en place des institutions fortes avec des textes de lois aussi forts qu’avant, qui vont donner naissance à tous les agrégats de la bonne gouvernance, de la justice, du respect de nos valeurs morales, religieuses et sociales, lesquelles valeurs serviront de socle à l’édification d’un Etat de droit avec le respect des paroles de la constitution par les gouvernants et par les gouvernés pour inspirer une paix une quiétude sociale éternelles afin que notre devise (Travail, justice, solidarité) soit lisible et visible dans les faits. Une fois que cela est fait, l’on pourra désormais parler d’un retour à l’ordre constitutionnel et l’on aura plus besoin de parler de réconciliation, car le fruit du bien-être de notre pays aurait été nourri et mûri par tous ses fils et filles sans distinction pour une paix et un développement durable à perpétuité.

Vive la Guinée !

Qu’Allah bénisse tous les guinéens !

Ibrahim MANSARE

– Consultant en Finance Islamique
– Porte-parole de l’Union des écoles franco-arabes de Guinée