Les services spéciaux chargés de la lutte contre le crime organisé et le trafic de stupéfiants, ont présenté à la presse ce lundi, « un faux tradipraticien » mis aux arrêts. Il est accusé « d’escroquerie, d’administration de substances nuisibles et d’exercice illégal de la médecine ». L’Office central de lutte contre le crime organisé, a été saisi par un client du présumé qui après avoir appliqué les produits de ce dernier, a eu des problèmes de vision.

Selon le commissaire Soropogui Foromo, le présumé utilise le même remède pour chaque maladie. Il s’agit de la Gentamicine, un antibiotique servant à traiter des infections des yeux ou des oreilles causées par certaines bactéries.

« Ce monsieur que vous voyez se fait passer pour un tradipraticien. C’est-à-dire quelqu’un qui traite les maladies à travers les feuilles, les tiges et les racines, c’est ça la tradipratique. Mais lui, il fait comprendre aux gens que c’est lui-même qui prépare les décoctions des extraits de plantes. Cependant, ce ne sont pas des produits de pharmacopée. Je vous présente ce flacon de Gentamicine qu’il paie sur le marché et enlève l’emballage pour tromper ses patients en leur faisant croire que c’est lui-même qui prépare alors que c’est de la Gentamicine achetée sur le marché noir en raison de 3 500 Gnf. Quand il vous consulte, vous partez pour Glaucome c’est le même médicament, pour Cataracte, c’est le même médicament, vous partez pour n’importe quelle autre pathologie ophtalmique, c’est le même médicament. Quand il applique la Gentamicine sur l’œil, tu fermes les yeux et il prend son thermo flash, il va osciller ça, il vous fera attendre 30 minutes. Ça fait extrêmement mal. Après quelques 30 minutes, vous allez vous relever. Il vous donne un ensemble de médicaments dont deux flacons de Gentamicine achetés à 7000 Gnf qu’il vous vend à 540.000 GNF plus la consultation, ce qui vous fait 600.000 GNF. Chaque patient a dû payer 600.000 GNF à chaque séance de contrôle. Le plaignant qui est là, si vous voyez qu’il n’est pas parmi nous c’est parce qu’il ne peut pas venir seul, mais arrivé au tribunal, peut-être son aide va le conduire là-bas car c’est quelqu’un qui l’aide à marcher ».

Tout en niant les faits, le présumé précise que « Faire ce travail est un don particulier pour moi. C’était le travail de mon père et j’ai continué à faire »

Pour sa part, le Secrétaire Général à la présidence chargé des services spéciaux, Abdoul Malick Koné a tenu à sensibiliser les citoyens.

« Les gens doivent venir se faire consulter au niveau des services spécialisés pour éviter des dommages collatéraux, parce que les gens qui exercent illégalement la médecine créé beaucoup plus de soucis à la population que certains criminels par armes à feu ». Des propos recueillis par nos confrères de Médiaguinée.

Aïssatou Djibril