La junte militaire en Guinée a décidé d’interdire les manifestations publiques pendant la période de la transition. Alors que cette mesure crée de vives polémiques notamment au sein de la classe politique, le porte-parole du Gouvernement tente de la justifier. Ousmane Gaoual assure que cette forme de protestation peut entraver le déroulement de la transition. Pour lui, l’interdire, c’est permettre au pays de retrouver un calme.

« Les manifestations peuvent amener à un retard notable sur la mise en œuvre du calendrier sur lequel le gouvernement et le CNRD se sont engagés. Qu’est-ce qu’on peut faire pour faire cohabiter ces deux impératifs-là ? Le président de la transition a estimé que la meilleure manière, c’est de circonscrire l’exercice d’un certain nombre de libertés sans les supprimer. C’est pour ne pas que leur exercice entrave le déroulement du calendrier de sortie de la transition, même si certains acteurs politiques ont fait croire que c’est une remise en cause des libertés nécessaires, ce n’est pas ça du tout », déclare-t-il.

Ousmane Gaoual laisse croire que si un retard est accusé dans l’exécution du chronogramme de la transition, il reviendra aux autorités d’assumer la responsabilité. Pour lui donc, il faut à coup sûr interdir les manifestations.

« Si on laisse tout se faire pleinement et qu’il y ait retard dans la mise en œuvre du calendrier, qui va endosser cette responsabilité sachant déjà qu’on nous soupçonne de vouloir nous éterniser dans la transition ou de confisquer le pouvoir ? Cette interdiction [de manifestations] est faite pour permettre à la Guinée de retrouver un calme ». Des propos rapportés par nos confrères de Visionguinee.

Ib’n KABA