ANENE est une marque guinéenne de vêtements, développée par des jeunes entrepreneurs basés à Conakry. Elle est très convoitée aujourd’hui et s’impose dans la tendance vestimentaire de la nouvelle génération. Cette semaine, la rédaction d’Actujeune.com est allée à la rencontre des fondateurs. Avec l’un d’eux, nous avons parlé de l’origine de la marque, du processus de production, mais aussi des objectifs de long terme.

Comme presque tous les jours, Amadou Niangadou vient dans sa boutique de vente de prêt-à-porter ANENE, sis à Kaporo, dans la commune de Ratoma. Rencontré au milieu d’une multitude d’articles (chemises, chaussures, casquettes…), ce co-fondateur de la marque ANENE s’est prêté à nos questions et à commencer par nous parler de la genèse de leur entreprise.

« “ANENE”, c’est en langue soussou, qui veut dire “du nouveau”. Elle a été créé en 2017 par Almamy Soumah, Mohamed Camara et moi-même. On a comme manager Billy Sacko. On fait un peu de tout. On a déjà tout ce qui est prêt-à-porter presque », a-t-il confié avant de poursuivre en ces termes : « L’idée est venue entre amis, parce que, on avait tous envie de voyager à l’époque et il y a un qui s’est déchaîné qui est parti. Ça n’a vraiment pas marché, il voulait braver la mer et on a eu l’idée de le faire revenir, en lui disant qu’on pouvait créer une entreprise. Donc, c’est comme ça que c’est parti. On a réfléchi sur quelle base il fallait partir et on s’est dit qu’on sait bien s’habiller, les gens nous apprécie depuis à l’école déjà. On a eu l’idée de faire des boutiques ANENE. On s’est dit de développer ce business là, pour que nous puissions rester chez nous, travailler et aider nos amis aussi à travailler avec nous. »

La production sur place

ANENE, c’est un processus de production basé sur place en Guinée. Les travaux sont menés par les fondateurs eux-mêmes, dans un atelier qu’ils disposent à domicile.

« Au jour d’aujourd’hui, nous travaillons nous-même. On fait tout, on a notre laboratoire à la maison. Sauf qu’il y a des difficultés par rapport à ça, il y a des trucs qu’on ne peut pas trouver ici, on les commande, on les amène ici et on les fabrique nous-même », confie notre interlocuteur avant de préciser : « A la base, il faut savoir que chaque jour, on essaie d’apprendre un peu de ce que c’est que la marque et on essaye de se former en ligne. On essaye de rester en contact avec des gens qui s’y connaissent en la matière, ailleurs à l’extérieur par exemple. »

Inciter les jeunes à entreprendre pour combattre le chômage

A travers leur marque, Niangadou et ses amis souhaitent faire passer un message à la jeunesse guinéenne et celle africaine. Celui d’inciter cette couche sociale importante à entreprendre pour combattre le chômage qui est une problématique réelle.

« Le message qu’on veut faire passer à travers la marque ANENE, il faut savoir qu’au début d’abord, c’est le chômage qui nous a poussé à créer cette entreprise, les jeunes chôment beaucoup ici, donc on s’est dit que si on essayait de créer cette marque, sûrement à travers ça, d’autres jeunes pourront aussi avoir des idées, pour pouvoir entreprendre. C’est le seul message que nous avons. »

« Nous croyons en cette jeunesse »

Aujourd’hui, ANENE est très convoitée par les jeunes et la nouvelle génération d’artistes guinéens. Un fait qui n’est pas fortuit à en croire notre interlocuteur. Pour lui, la jeunesse occupe une importante place dans leur processus de création : « La place que les jeunes et les artistes occupe chez nous est très très importante, parce que nous croyons en cette jeunesse, et cette jeunesse aussi croît en nous, c’est pourquoi on grandit comme ça, donc la meilleure façon de grandir aujourd’hui, c’est de grandir ensemble… »

Face aux difficultés, toujours « rester focus »

Comme toute entreprise, les boutiques ANENE sont aussi confrontées à des difficultés, mais pour Amadou, le plus important est de se battre pour toujours les surmonter : « Je pense que les difficultés, c’est nous-même qui pouvons les gérer, même les miliadaires ont des difficultés, l’essentiel, c’est de rester focus et vouloir toujours atteindre son objectif »

Faire de ANENE une « grande » industrie de mode et un modèle

Almamy Soumah, Mohamed Camara et Niangadou ont fait du chemin et franchi des étapes, mais ils estiment qu’ils ont encore beaucoup à faire. Parmi les objectifs à atteindre, les trois jeunes guinéens veulent faire de leur entreprise un modèle qui pourra inspirer d’autres jeunes à entreprendre.

« Avec le temps on espère avoir des machines, des usines ici, pour pouvoir développer ce secteur là et aider aussi ceux qui veulent faire la même chose que nous… On a envie d’avoir toute une chaîne ANENE, comme si vous entendez Zara ou Louis Vuiton. On a envie de grandir comme cela ou plus que ça même. C’est ça notre ambition, parce que plus ça grandit, plus on emploi, plus ça nous aide à développer notre pays, plus d’autres jeunes aussi peuvent avoir le courage d’entreprendre. On ne peut pas tous être dans les bureaux. On a envie de faire le maximum de nous-même pour pouvoir combattre le chômage », confie Niangadou.

Une nouvelle collection ANENE bientôt sur le marché

Les boutiques ANENE préparent la sortie d’une nouvelle collection ANENE qui apparaîtra certainement dans une semaine. Elle est composée « des ensembles complets, des ensembles jogging, des t-shirts, des chemises et des casquettes aussi ».

« La nouvelle collection va sortir avec un message, parce qu’à chaque fois qu’on sort une nouvelle collection, c’est avec un message, à l’endroit de la jeunesse, un message qui pousse les jeunes à travailler, un message qui certainement, va faire que les gens continuent à avoir confiance en nous. », confie Amadou Niangadou.

Ib’n KABA