A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, commémorée chaque 16 octobre, l’ONG AMEDAR dirigée par Thierno Diallo a organisé une table ronde en visioconférence sur le thème ‘’Comment financer un projet agricole et se faire accompagner ’’.

La rencontre s’est déroulée sous la modération de Daouda Conté, président de la Fédération des Associations Guinéennes des Hauts de France (FAG-HDF). Introduisant le président d’AMEDAR, Thierno Diallo a d’abord planté le décor de la rencontre. Ensuite, il a rappelé les motifs de la création de cette organisation non-gouvernementale qui fait la promotion de l’agriculture et de l’entrepreneuriat rural depuis le lancement de l’ONG en 2013, avant de passer la parole aux panelistes.

Mamoudou Nagnelen Barry est économiste, expert en accès au financement des PME et en stabilité financière. Dans son speech, il a étayé les difficultés liées à la validation et les procédures à suivre pour des projets agricoles susceptibles d’être financés. « Les enjeux de financement d’un projet agricole, le facteur de prêt et de garantie bancaire, la capacité de rembourser des frais et les actifs ou biens de garantie que dispose le paysan guinéen, rendent difficile l’accès au financement des agricultures porteurs de micro-projet, jugé à cause de sa nature de risque, la défaillance de la couverture d’assurance des produits agricoles » rappelle l’expert Barry.

D’autres raisons qui décrédibilisent des porteurs de projets agricoles, selon M. Barry, « sont aussi liées à la dispersion des exploitants qui ne sont pas assez organisés en coopératives, tandis que les banques priorisent les organisations paysannes structurées et organisées ».

Sur la même problématique de financement des porteurs de projets agricoles, le Chargé de communication d’AMEDAR, Alpha Ousmane Souaré, a souligné le rôle fondamental de l’’État entre les institutions et les porteurs de projets. « C’est le gouvernement qui doit faciliter certaines ouvertures auprès des institutions et des programmes de financement qui existent », précisé le chroniqueur de l’émission ‘’Guinée rurale’’ sur Fimfm. Pour finir, il a cité des partenaires au développement qui sont entre autres la BAD, l’UE, l’USAID, l’AFD, la Banque mondiale, la Banque Islamique de Guinée, la BICIGUI, le Crédit Rural de Guinée, la FINADEV, la RAFOC. APIP, ENABEL, OSER INNOVER, l’ONG Maison Guinéenne de l’Entrepreneur et JATROPHA.

Pour sa part, Amadou Cissoko, PDG de Chico’s innovators, entrepreneur guinéen installé au Kenya se désole. « On ne peut pas mener à succès une activité agricole par téléphone ». Si la présence physique est une nécessité réfutable dans l’élaboration d’un projet dans la durée, M. Cissoko admet qu’il « faudrait l’implication directe de l’initiateur du projet, entouré d’une bonne équipe », conseille-t-il.

Le PDG de Chico’s innovators a rappelé les avantages concurrentiels de la Guinée vis-à-vis des autres pays de la sous-région. Et pour l’info, la Guinée est « le grenier du secteur agricole de la région ». M. Cissoko encourage les jeunes à s’impliquer davantage dans la chaîne de valeur, de la production à la transformation qui reste l’un des moyens le plus sûr pour la création d’emplois.

Le journaliste Bah Mohamed est l’illustration du jeune qui a cru et s’est lancé dans la plantation d’ananas dans la ville de Kindia. Il est sur financement propre et dispose à date de plus de 6 mille pieds d’ananas. Si M. Bah bénéficie d’un soutien financier, il ambitionne de « transformer » sur place des raisins d’ananas en jus de fruit de consommation afin de pallier la perte énorme en cas de non-écoulement à temps du raisin d’ananas qui risque de s’altérer.

Contexte historique

Pour rappel, l’ONG AMEDAR a été créée à la suite d’un constat selon lequel, les médias en Guinée ne couvraient pas assez les sujets liés à l’agriculture et les activités en milieu rural. En partenariat avec l’ambassade des États-Unis à Conakry, AMEDAR a initié et organisé deux éditions du concours national du Prix du Journalisme agricole et Rural en Guinée, lors duquel une centaine de journalistes et hommes de médias ont bénéficié d’une formation en reportage sur le secteur agricole et de la ruralité.

Les lauréats ont bénéficié d’outils de travail notamment des ordinateurs, des dictaphones numériques ainsi que de caméras professionnelles. Depuis ces différentes éditions, AMEDAR constate la naissance de quelques sites internet dédiés à l’agriculture ainsi que des émissions radio et de télévision sur le secteur rural en Guinée. Ce qu’elle considère comme une grande avancée en termes d’impact. C’est dans cette optique que l’ONG encourage les médias à promouvoir davantage le secteur agricole, perçu comme un véritable vecteur de développement. 

La date du 16 octobre déclarée Journée mondiale de l’alimentation est l’occasion pour les organisations de la filière agricole de pousser des réflexions pour offrir à l’humanité un environnement sans faim. Cette journée importante a été créée en 1979 par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture dans le but de sensibiliser le grand public et les instances dirigeantes sur la pauvreté et la faim.

Ahmed Tidiane Diallo