Dans la gestion de la crise socio-politique en Guinée, plusieurs acteurs de la société fustigent l’attitude et les décisions de la CEDEAO. C’est le cas de l’opposant Mamadou Bah Baadiko qui assure que cette organisation sous-régionnale défend les chefs d’Etat au détriment des peuples.

Le Président Alpha Condé est toujours détenu par la junte militaire qui l’a évincé du pouvoir. La CEDEAO, en dépit des sanctions prises contre la Guinée, exige la libération de l’ancien locataire du palais Sékhoutouréya. Après une première mission envoyée en Guinée, une délégation de chefs d’Etat de l’organisation sous-régionnale est arrivée à Conakry ce vendredi.

Député de la neuvième législature, Mamadou Bah Baadiko n’apprécie pas les décisions de la CEDEAO dans la gestion de cette crise guinéenne. Dans un entretien accordé à nos confrères de Mosaïqueguinée, il estime que cette organisation ouest-africainne ne se souci pas des peuples en premier, mais plutôt des dirigeants.

« C’est le syndicat des chefs d’État, malheureusement c’est bien connu leur premier souci, ce n’est pas les peuples en Afrique de l’Ouest, c’est les chefs d’États. Vous avez vu comment ils sont partis bec et ongles pour empêcher la chute de IBK, après ils ont exigé qu’on le remette même au pouvoir. »

Cet opposant politique précise toutefois être contre la détention sans jugement, du Président Alpha Condé : « Ce qui est certain, nous on a dit effectivement que la junte ne peut pas maintenir n’importe quel citoyen guinéen sans jugement, comme l’a fait l’ex président lui-même avec les prisonniers politiques guinéens, puisque c’est sa chute qui a mené à leur libération, dans des conditions légales où les juges ont regardé qu’il n’y avait rien dans leurs dossiers qui permettait de les maintenir en prison. Il doit être traité comme n’importe quel citoyen guinéen »

Ib’n KABA