La ville de Kankan ne connaîtra pas son engouement habituel pendant la fête de Tabaski qui arrive à grands pas. Pour cause, l’édition 2021 de la Mamaya, une organisation à caractère social qui regroupe les ressortissants de la localité, est annulée. La décision a été rendu publique dans la soirée du mercredi, 14 juillet 2021 par la coordination des sèdès auprès de la notabilité.

C’était dans l’air, c’est désormais officiel. Après que l’Agence guinéenne de spectacles ait récemment rappelé l’interdiction des spectacles tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays, tout laissait croire que cette fête traditionnelle n’allait pas se tenir cette année. La nouvelle a été confirmée ce mercredi, par Mohamed Lamine Kaba, alias Ringo, coordinateur des sèdès auprès de la notabilité de Kankan. Selon lui, cette décision est motivée par le respect des mesures sanitaires dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

« Cette année, dans le cadre du respect de l’état d’urgence sanitaire prôné par le gouvernement, nous sommes au regret d’informer qu’il n’y aura pas de Mamaya. Nous sommes à notre deuxième année sans la Mamaya, les musulmans n’ont pas été à la Mecque cela fait deux ans. Donc, les sages de Kankan en harmonie avec la décision du gouvernement ont décidé de ne pas faire de regroupement. »

Chaque année, c’est au lendemain de la fête de Tabaski que commence la Mamaya pour une durée de trois jours. Mais pour l’édition 2021, ces trois jours seront mis à profit pour la lecture du saint Coran.

« Cette année, exceptionnellement, à cause de Coronavirus, les trois jours de la Mamaya seront consacrés par le sédè Diamanadiaya N°4, à la lecture du saint Coran suivi de sacrifice », a fait savoir Mohamed Lamine Kaba.

La Mamaya est la plus grande fête traditionnelle organisée depuis des décennies à Kankan. Une organisation culturelle au cours de laquelle les fils ressortissants de Kankan de divers horizons se retrouvent, pour communier, mais aussi parler du développement de la localité. Elle regroupe aussi de grandes personnalités politiques et culturelles d’ici et d’ailleurs.  

N’nah NENE depuis Kankan