« La liberté n’a pas de prix. » Le dit-t-on souvent. Les récents événements politiques en Guinée ont abouti à l’arrestation et emprisonnement de plusieurs citoyens déjà tambourinés par la misère de toute nature.

Au-delà des interpellations souvent violentes, les citoyens, hors de leurs grés, se retrouvent cloués dans les murs et espaces nauséabonds de la maison centrale de Conakry où vivotent déjà plusieurs détenus dans les conditions animalières.

Censés être un lieu de rééducation de ses locataires, les milieux carcéraux guinéens sont plutôt les déguisements de véritables mouroirs dignes des camps nazis.

Ce sont des sortes de pandemonium où les odeurs exécrables des excréments humains se rivalisent avec des sensations affreuses d’une torpeur léthargique et paroxystique.

Il suffit tout simplement de demander à Grenade pour avoir une idée de ces cachots odieux, hideux et tailladés par une obscurité fantomatique et sépulcrale.

Chaque seconde, chaque minute, chaque heure, des âmes se déshumanisent et s’y fondent. Ici, ça chiale, ça vocifère et ça vrombit de calvaires humains.

Même une heure de détention suffit pour évincer les projets personnels chèrement battis dans le temps et dans l’espace.

Elle est très chère la liberté. Celui qui ne l’a jamais perdue ne peut nullement en savoir de son prix. Un jour en prison est trop !

Pourquoi y rester si la seule issue est de demander pardon ?

Je demanderais pardon pour recouvrer ma liberté de vivre avec ma famille, mes proches.

Je demanderais pardon pour reconquérir ma liberté de développer mes projets personnels et construire mon avenir et celui de mes dépendants.

Je demanderais pardon parce que ma présence est plus utile que mon absence dans n’importe quel combat me concernant.

La fierté, nous en avons tous, mais la meilleure fierté est pour les vivants. La vie vaut mieux que tout.

Ma mort n’empêchera pas le marché Matoto de sentir mauvais. Mon absence n’empêchera pas les embouteillages de Conakry.

Ma disparition n’engendrera pas celle de Kaleta. Tout le monde m’oubliera à quelques justes jours après ma mort.

Clin d’œil à Bamba Roger

Je préserverais ma vie et prioriserais ma liberté au détruisent même de ma prétendue « fierté ». Mes parents, mes proches et mes initiatives ont besoin de moi.

Je ne me préoccuperais jamais des avis des révolutionnaires en ligne qui n’ont aucune idée sur les réalités de la prison.

Mes excuses ne feraient pas de moi le plus bas des hommes.

TOUT DE MÊME, JE RESTE FIDÈLE À MES CONVICTIONS

Comme le disait l’écrivain Massa Makan Diabaté, « Sourire à son ennemi ne met pas fin au combat. Se divertir avec son ennemi ne met pas fin aux hostilités. »

Mamarakhouri