C’est une pratique obscènement surréaliste à laquelle se sont livrés des individus à Kindia. Dans la nuit de mercredi 19 à jeudi 21 mai 2021 des personnes non encore identifiées ont détruit un champ de bananes et d’ananas d’un agri preneur. Ramadan Diangholo Diallo, c’est le nom de la victime est un employé d’une société qui sous-traite avec un opérateur de téléphonie mobile. A travers ce qu’il gagne dans son travail, le jeune diplômé de l’Université de Kindia a fait des économies pour se lancer dans l’agriculture en 2018.  Son projet a pris corps et vie et c’est avec enthousiasme que le jeune entrepreneur se rendait chaque jour dans son champ pour suivre sa réalisation.

Mais voilà qu’un beau matin, il reçoit un coup de finale lui annonçant la destruction de son champ. Le jeune Diangholo est aujourd’hui un homme abattu et désemparé qui s’est prêté aux questions de notre rédaction. On vous propose de lire l’entretien !

L’annonce de la mauvaise nouvelle ! 

 « C’est avant-hier le jeudi, que mon ingénieur m’a appelé vers 6h30 comme ça je m’apprêtais pour aller au service m’annonçant que mon chant a été détruit par des inconnus. Je me suis rendu sur les lieux, j’ai constaté que c’est effectif. J’ai été traumatisé, j’ai perdu espoir en voyant tout un travail acharné durant des années mis à l’eau ». 

Les dégâts causés ! 

« J’ai perdu plus de 1000 pieds de bananes et une bonne partie des ananas déterrés. Pour des raisons de sécurité et tant d’autres, je me réserve de donner les chiffres exacts (évaluation en francs guinéens les pertes subies NDLR). Mais ce qui reste clair, il faudrait consulter un spécialiste en la matière pour évaluer le financement d’un champ de bananes et d’ananas, en un mot l’agriculture coûte du point de vue investissement moral et physiquement ».

Des emplois perdus !

« Ce que vous devez retenir, c’est que plus de quatre personnes, seulement des pères de familles travaillent dans mon champ. Ils dépendent tous de moi, c’est en fonction de leur travail qu’ils sont payés. Je suis un simple étudiant diplômé à l’Université de Kindia en 2018. Donc je me débrouille avec le peu que je gagne, les cent francs et les deux cents que j’essaie de mobiliser pour aider soi-même, aider le pays… J’ai perdu tout espoir, j’ai le dégoût ».

Des antécédents avec d’autres personnes ? 

« Franchement il n’y a jamais eu d’altercation entre quelqu’un et moi. Ça fait des années que je suis à Kindia. Les gens qui ont détruit mon champ l’ont fait par méchancetés, par haine. Ce que j’ai planté, ça n’a même pas fait des fruits d’abord. Quand nous prenons l’ananas, ça fait juste neuf mois depuis que j’ai planté cela ».

Une plainte contre X ?

« Dès le lendemain, on a entamé des démarches mais ce que vous devez retenir c’est que beaucoup d’autres personnes ont été victimes dont les champs ont été détruits. Rien n’a été fait ! Des plaintes ont été portées ! Pour certains cas, les auteurs sont connus, ils vivent avec nous, on danse, on saute avec eux mais rien n’est fait ».

La responsabilité de l’Etat interpellée !

« Il est important d’interpeller l’Etat, de faire en sorte qu’il protège les personnes et leurs biens. C’est nous (investisseurs locaux) qui mettons nos moyens. S’il  ne nous assiste pas, ce n’est pas mal. D’ailleurs nous ne demandons pas de l’aide. Avec notre volonté, nous savons que nous y arriverons mais il faudrait que l’Etat fasse le minimum quand même pour protéger le peu que nous avons. Qu’il ne voit pas toutes ces destructions et qu’il reste indifférent».

Interview réalisée par AissAmad