L’Union Européenne a annoncé des sanctions contre des guinéens « impliqués » dans les massacres du 28 septembre 2009. Parmi ces personnes, se trouverait l’ancien chef de la junte Moussa Dadis Camara, qui risque d’être « interdit de voyager sur le territoire des États membres de l’UE » et de voir « geler, ses avoirs qui y sont détenus ». Pour l’avocat de Dadis, « ces sanctions sont sans objets », car selon lui, son client n’a jamais manifesté une envie de voyager sur le territoire européen et n’y possède aucun bien.

Soulignant que les sanctions annoncées par l’UE sont « sans objets », Maître Jean Baptiste Jocamey Haba précise que lorsqu’on parle de gèle de biens d’une personne bien déterminée, « le préalable, c’est d’abord que cette personne ait des biens en numéraire ou en nature sur le territoire des autorités qui veulent procéder à ce gèle. Le président Dadis n’a ni argent, ni maison, ni autre bien, de quelque nature que ce soit sur le territoire de l’Union Européenne. Comment peut-on parler de gèle de ses biens ? C’est la première des choses ».

Deuxièmement dit-il, « Lorsqu’on dit qu’on lui interdit de fouler le sol de l’Union Européenne, cela voudrait au moins dire au préalable qu’il pense y aller ou à l’habitude d’y aller. Le président Dadis est à Ouagadougou depuis plus de dix ans. Tout le monde sait les conditions dans lesquelles il y est allé. La seule fois qu’il a quitté le Burkina Faso, c’était pour venir en Guinée, partir au Maroc. Hormis ces deux endroits, il n’est jamais allé nulle autre part. Comment peut-on un seul instant imaginer l’interdiction à son encontre de fouler le sol de l’Union Européenne ? ».

« L’Union Européenne a tellement perdu du terrain en Afrique, en Guinée surtout, qu’elle a besoin de se donner nom. Il faut bien utiliser le nom d’un digne fils de la Guinée qui a servi le peuple de Guinée au lieu de se servir de lui. Pour nous, c’est un non évènement », a-t-il renchéri. Des propos recueillis par nos confrères d’Africaguinee.

Aïssatou Djibril