La décision d’interdire les prières nocturnes dans les mosquées pour les dix derniers jours du ramadan, est mal perçue à Kankan. Alors que le grand imam a appelé hier à travers un point de presse au respect de cette décision, il a reçu tard dans la nuit dernière, la visite inopinée d’un groupe de jeunes qui a attaqué son domicile privé.

Revenant ce mercredi, sur les circonstances de cette attaque, Ibrahima Kalil Kaba, fils du premier imam témoigne : « C’est à 2h du matin qu’ils sont venus. Lorsqu’on les a vus, on a appelé les autorités afin d’envoyer les renforts. Dès qu’ils ont vu les forces de sécurité, ils se sont mis a jeté les cailloux avec de grosses injures. Ils ont érigé des barricades et brûlé des pneus. »

Des personnes ayant participé à cette attaque du domicile du premier imam, ont déjà été identifiés, à en croire Kalil Kaba : « On a réussi à attraper deux parmi eux, il y a même certains qui sont dans notre quartier. Nous continuons à faire des enquêtes. Nous savons qu’ils ont été envoyés parce qu’on ne peut pas se lever à 2h jusqu’à 4h en train de terroriser les gens sans qu’on ne soit mandaté par quelqu’un. »

Le domicile de M’Bemba Madifing Kaba, patriarche de Kankan a aussi été attaqué dans la même nuit. L’autorité morale dit être surprise de cette attaque.

« Ils sont venus jeter des pierres chez moi ici, mais je leur ai fait quoi ? Je n’ai jamais dit de ne pas prier la nuit, ce sont les autorités qui ont fait l’interdiction. Cette décision est due à la propagation de Coronavirus. On ne sait pas pourquoi cette attaque contre mon domicile et celui du premier imam. Ils savent pourtant où se trouvent le gouverneur, le préfet et le maire ».

Malgré cette interdiction, la prière nocturne continue à être officier dans certaines mosquées de Kankan, nonobstant la patrouille menée par les hommes en uniforme.

N’nah NENE