Un atelier de renforcement des capacités sur les garanties judiciaires, a regroupé à Mamou, les acteurs de la chaîne pénale, les organisations de la société civile et la presse. Organisé par l’ONG CPDH (Centre Guinéen de Promotion et de Protection des Droits de l’homme), avec l’appui de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), il avait pour thème « réduisons le nombre de cas de détention préventive prolongée dans les prisons guinéennes ».

Malgré les réformes engagées dans le secteur de la justice et de la sécurité, des citoyens sont souvent détenus préventivement pendant de longues périodes, sans avoir droit à des procès. Et ce, dans des centres pénitentiaires caractérisés par la vétusté et la surpopulation notoire. C’est pour remédier à cette situation que l’ONG CPDH, a initié une formation, afin d’outiller des acteurs de la chaîne pénale, de la société civile et la presse de Mamou, sur les garanties judiciaires.

L’atelier s’est tenu les 12 et 13 mars dernier, dans la salle de conférence du gouvernorat, en présence des autorités préfectorales et régionales. Dans son discours d’ouverture, le chargé de communication de l’ONG organisatrice a justifié le contexte de cette formation.

« Notre ONG est là pour défendre les droits et devoirs des citoyens. Nous avons constaté que dans notre pays, plusieurs personnes sont détenues dans les maisons carcérales et violons de façon provisoire et prolongée. Notre ONG est là pour défendre ces personnes. La loi dit qu’un détenu ne doit pas dépasser cinq (5) jours, quatre (4) mois ou six (6) mois dans une prison sans être jugé », explique Sékou Cissé.

Poursuivant, le défenseur des Droits de l’homme indique : « Nous avons aussi constaté un nombre pléthorique des prisonniers dans ces maisons carcérales. En Guinée, 65% des prisonniers ne savent même pas pourquoi ils sont détenus ».

À Mamou sur les 181 détenus à la maison d’arrêt, à date, seulement 131 ont été condamnés. Une cinquantaine reste à juger, soit 72% de réussite dans les jugements et condamnation, selon le procureur près le tribunal de première instance de Mamou. 

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