Les associations et syndicats des professionnels de presse ont été au ministère de la justice ce vendredi. Leur déplacement avait pour but de porter plainte contre le juge Gadiri Diallo, suite à son verdict condamnant trois journalistes de la radio Nostalgie, à 2 mois de prison avec sursis et une amende de 500 000 GNF.

Le ministre de la justice et son équipe, après avoir reçu et rassuré, les associations et syndicats de la presse, accompagnés des journalistes, a tenu à rappeler que « la seule loi applicable sur les délits de presse est la loi sur la liberté de presse ».

« Nous avons entendu les réactions dans la presse, les commentaires juridiques les déclarations de position, mais nous avons pris nos responsabilités et nous voudrions avec le concours des associations et organes de presse, agir pour rétablir la légalité et pour vous rassurez, nous avons déjà instruit le parquet de Kaloum de faire une déclaration d’appel contre la décision condamnant trois journalistes sur la base des dispositions du code pénal. Parce que nous estimons que la loi applicable est celle sur la liberté de la presse », déclare le ministère Mory Doumbouya.

Quant au représentant des associations de presse, il affirme que : « Nous étions venus très remontés avec une plainte contre le juge, mais vu la responsabilité qui a été là votre, vu les démarches qui ont été entreprises nous estimons qu’il n’est plus opportun de faire une quelconque plainte », avant de préciser que « Nous nous remettons à votre sagacité à votre sagesse, nous sortons ici réconfortés que la presse n’est pas en danger, mais que c’est une simple erreur de la part du collège des juges ».

« Comme nous venons d’entendre un discours très rassurant, vous avez dit que la semaine prochaine, tout sera bien ficelé donc en attendant que cela n’arrive on va se concerter pour pouvoir décider de ce qui a lieu de faire pour l’organisation de ce sit-in », renchérit la secrétaire générale du syndicat.

Le dépôt de la lettre d’information du SPPG qui était prévue à la mairie de Kaloum a été annulé suite à la réponse satisfaisante donnée par le ministre de la justice sur cette affaire.

Les journalistes condamnés sont Thierno Madiou Bah, Ibrahima Sory Lincoln Soumah et Sidi Diallo. Le juge Gadiri les a reconnu coupables de diffamation (par voie de presse). Une décision rendue le 12 janvier 2021 et qui, continue de provoquer une vive indignation chez les hommes de médias. La corporation reproche au juge d’avoir ignoré la loi L002 sur la liberté de la presse, qui dépénalise les délits commis par voie de presse, pour condamner les journalistes sur la base du Code pénal.

Aïssatou Djibril