Les journalistes Thierno Maadjou DT Bah, Sidi Diallo et Ibrahima Lincoln Soumah, tous des chroniqueurs de l’émission “Africa 2015”,  de la radio Nostalgie FM, ont été condamnés hier mercredi, par le Tribunal de première instance de Kaloum. Ils écopent chacun de deux mois de prison avec sursis et une amende de 500 000 GNF. Ils ont été reconnus coupables de « diffamation et complicité ». Cette condamnation irrite la colère du président de l’Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI).

Dans sa prise de parole chez nos confrères du groupe Hadafo médias ce jeudi, Aboubacar Camara a fait savoir qu’ils ont été « outrés, surpris et stupéfaits de voir cette condamnation des trois journalistes  de la radio Nostalgie sur la base du code pénal guinéen, pour avoir donné la parole à un groupe d’enseignants, sur un sujet d’actualité concernant leur profession ».

Pour le patron de l’URTELGUI, c’est certain que les hommes de médias ne sont  des juristes mais, précise-t-il, « nous savons quand même qu’en matière de droit , il y’a un principe général qui dit que la spécificité prime sur la généralité.  Le code pénal est une loi générale qui surplombe tous les citoyens guinéens sur le territoire guinéen. Loi L002 sur la liberté de la presse, qui parle notamment de la dépénalisation de délits de presse,  est une loi spécifique qui concerne la profession de journaliste dans notre pays ».

Le fait que ces journalistes soient condamnés sur la base su code pénal guinéen, Aboubacar Camara affirme que la presse guinéenne « est en deuil aujourd’hui. Elle est en deuil parce qu’on vient d’assassiner la loi sur la liberté de la presse qui dépénalise les délits de presse.  La loi L002 vient d’être assassinée en Guinée ».

Par ailleurs, le président de l’URTELGUI estime qu’il est important « que tous les journalistes, de quel que médias que ce soit, se lèvent pour dire non, non et non, nous ne pouvons pas l’accepter, ce n’est pas possible, ça ne peut  pas passer, et nul n’est censé ignorer la loi ».

Saïdou DIALLO