Dans un arrêté rendu public ce mercredi, l’Etat guinéen interdit l’importation, la distribution et la commercialisation de la chicha en Guinée. Au lendemain de cette décision, la rédaction d’Actujeune.com est allée vers des jeunes citoyens de la capitale Conakry, pour recueillir leurs avis sur cette nouvelle mesure.

Mamadou Alimou Diallo, étudiant à l’Université Nongo Conakry et consommateur de la chicha estime que l’État devrait plutôt se concentrer sur d’autres choses que d’interdire la Chicha : « C’est une désolation pour moi, parce que selon moi la vie est un choix. Les gens sont entrain de consommer de l’alcool, l’État ne dit rien dans ça, il y’a assez de choses sur lesquelles l’État devrait s’orienter notamment lutter contre le phénomène de la drogue, la prostitution des mineurs. La chicha est une façon de divertissement, fumer de la chicha est une culture pour moi donc l’interdiction de sa consommation est un non-événement. Ce n’est d’ailleurs pas une première fois, donc ça ne sera pas respecté ».

Contrairement à son prédécesseur, Amadou Oury Barry, n’est pas consommateur, mais soutient les entrepreneurs qui se sont lancés dans la commercialisation de la Chicha et affirme : « ce qui me désole à propos de cette décision est quand on réfléchit sur le plan économique, certains jeunes ouvrent ce genre de lieu (chicha lounge) pour trouver des sources de revenus. Dans ces lieux vous pouvez trouver cinq à six jeunes qui n’ont pas eu d’emploi dans les bureaux, mais qui se servent de ce genre de lieu pour avoir le peu de revenu, maintenant si ces types d’emploi sont supprimés par l’État, ça entraîne alors un réel retard économique en Guinée ».

Pour Aminata Sow, cette interdiction est une bonne chose car dit-elle, « beaucoup de personnes utilisent une même chicha dans les chicha lounge, c’est une source de propagation de maladie, donc l’État a pris la bonne décision pour interdire la chicha dans le pays ».

En 2017, une commission interministérielle avait travaillé sur une résolution pour la règlementation de l’activité en rapport avec la chicha et cette nouvelle interdiction vient poser la question de savoir qu’est ce qui n’a pas marché.

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