Les journalistes, Moussa Moïse Sylla, Ibrahima Traoré, Youssouf Boundou Sylla, tous poursuivis pour « diffamation », par la Ministre Zenab Dramé, ont comparu ce matin en compagnie de leurs avocats, au Tribunal de première instance de Kaloum. La partie civile et son conseil ont brillé par leurs absences. Le Tribunal a renvoyé le dossier au 22 décembre prochain.

C’est à 10 heures que l’audience a débuté devant des journalistes, des citoyens, mais aussi des magistrats. Apres avoir fait appel à toutes les parties, la Présidente de la cour, a constaté que les prévenus et leurs conseils sont présents mais par contre, la partie civile et son conseil ont brillé par leurs absences.

Suite à ce constat, le procureur près le Tribunal de première instance de Kaloum, Alpha Seny Camara dont le parquet a déjà ouvert une information judiciaire auprès du doyen des juges d’instruction, pour « enquêter autour de détournement de 200 milliards GNF », a dénoncé cette procédure dans laquelle selon lui , il y a eu « une fuite en avant », tout en se réjouissant du fait que selon lui « le X que je recherchais est identifié. »

Le pool d’avocats pour la defense des journalistes, dit avoir pris « acte de cette sortie merveilleuse du procureur », parce que, explique Maitre Salifou Beavogui « c’est à cela qu’on devait s’y attendre », mais précise-t-il « nous sommes dans une procédure particulière, c’est la partie civile qui a cité , nous sommes en matière de citation directe conformément aux dispositions de l’article 460. La première audience est consacrée à la fixation de la caution. Quand la caution est acquittée par la partie civile au greffe, l’audience qui suit entraîne soit l’ouverture des débats et ces débats peuvent tourner autour de la forme comme du fond. Nous avons dit à M. le procureur que nous sommes tout à fait d’accord avec lui mais cependant, nous pensons que la procédure indique bien d’abord un préalable. »

Le tribunal a mis le dossier en « délibéré » pour le 22 décembre 2020, pour statuer sur toutes les questions soulevées, tout en attirant l’attention de la defense « sur le fait qu’en pénal comme en civile, pour citer il faut avoir la qualité, cela nous a donné à réfléchir. Donc, nous sortons de cette audience très à l’aise », indique Me Béa.

Saïdou DIALLO