Le Front National pour la Defense de la Constitution (FNDC) et le duo UFDG-ANAD appellent chacun, à des manifestations éclatées le 15 décembre 2020, jour prévu pour l’investiture du Président Alpha Condé. Ce mardi 08 décembre, la rédaction d’Actujeune a fait un tour sur la route le Prince, pour recueillir l’avis des citoyens par rapport à ces appels lancés par les opposants du régime en place. 

Boubacar Kanté est un jeune diplômé en comptabilité, fruit de l’Université guinéenne. Pour subvenir à ses besoins, il gère un télécentre sur l’axe le Prince. Pour lui, les opposants doivent changer maintenant de stratégies, afin d’éviter de nouvelles pertes en vie humaine.

« Ça fait maintenant dix ans, l’opposition ne fait que manifester sans effet escompté. La continuité de ces manifestations empêche les paisibles citoyens de vaquer à leurs occupations quotidiennes, surtout ceux qui vivent au jour le jour, ça les impacte négativement. La meilleure solution serait pour l’opposition guinéenne dans son ensemble, de boycotter le scrutin présidentiel du 18 octobre dernier. Chose qui n’a pas été faite, ça ne sert à rien maintenant d’appeler à des manifestations qui vont occasionner encore des pertes en vies humaines, surtout que le pouvoir a réquisitionné l’armée pour renforcer la sécurité sur le terrain ».

Thierno Ibrahima Barry, est un commerçant résidant dans l’un des quartiers de l’axe. Ce citoyen ne condamne pas ses manifestations prévues la veille et le jour de l’investiture du Président Alpha Condé pour un troisième mandat. Toutefois, il souhaite que les manifestants expriment leur droit dans la « légalité ».

« La manifestation est un droit garanti par la constitution. Chaque citoyen a la liberté d’exprimer ce qu’il a dans son cœur, mais, cela doit se faire de façon légale. Nous devons savoir que la manifestation n’est pas égale à la pagaille, au vandalisme, à ériger des barrages sur les routes pour empêcher la circulation, c’est de sortir avec des pancartes, des banderoles sur lesquels on exprime les mécontentements ».

Mohamed Camara, muezzin dans une des mosquées située dans la même zone, appelle le FNDC et le duo UFDG-ANAD à la patience et au pardon.

« Nous demandons au FNDC et à l’UFDG de pardonner. Toute chose à son temps, comme Dieu a voulu que ce soit ainsi en ce temps-là, rien ne peut contre la volonté divine, on ne doit pas être pressé, sinon, on risque de perdre tout, et avoir même des problèmes. Ils n’ont qu’à pardonner que ce temps éphémère passe, peut-être après cette période, ce sera le tour d’un des leurs. Priorisons la paix dans notre pays, pour que chaque individu puisse avoir son quotidien paisiblement ».

Saïdou DIALLO