A la suite de la publication d’une enquête par nos confrères de Guineenews, dans laquelle la ministre Djenab Dramé, est accusée de « détournement » de plus de 200 milliards GNF, le gouvernement a réagi. Dans son communiqué, il a condamné l’article qui « accuse son membre de détournement », tout en invitant la HAC à « sanctionner » le média en question.

Pour Mamoudou Nagnalen Barry, spécialiste des métiers de contrôle et d’audit, cet acte de l’équipe de Kassory, prouve que l’on a en face un « gouvernement complice et corrompu ».

« Le gouvernement a agi, comme généralement, avec déception. Il a agi comme une secte de corrompus prenant la défense d’un de ses membres… A la suite d’une alerte de corruption, un gouvernement qui fait un communiqué, non pour annoncer une enquête contre les accusés, mais pour réclamer des sanctions contre les médias, est un gouvernement complice et corrompu », fustige-t-il. Puis de préciser que « la rapidité même du communiqué montre à suffisance qu’aucune investigation n’a été menée ».

Déplorant la réaction du gouvernement, l’auditeur comptable affirme que la menace contre les médias est encore « plus triste quand on sait que dans les pays qui veulent avancer, les lanceurs d’alerte sont protégés car eux seuls permettent souvent de détecter des fraudeurs que même les plus solides contrôleurs ne peuvent identifier »

Ce vendredi, le parquet du Tribunal de Première Instance de Kaloum, par la voix du procureur, a déclaré qu’elle mènera des investigations plus approfondies sur ce « présumé détournement de fonds », mettant en cause la Ministre Zenab Nabaya Dramé. Au terme de cette enquête, la justice prévoit d’engager des poursuites pour « soit détournement de deniers publics, soit pour dénonciation calomnieuse et diffamation ».

Saïdou DIALLO