Ce matin du 26 Novembre, les informations sont dominées par un prétendu détournement d’argent de Madame la Ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle, de l’Emploi et du Travail. Cette énième information de détournement vient d’emblée enfoncée le doute sur notre système de gouvernance et devrait, sans ambages, nous amener à nous questionner sur les dérives d’un système en proie aux guerres clanistes.

Et si “Zenab Nabaya” n’était qu’un bouc émissaire ? Ou alors, et si elle n’était victime que de la jalousie exacerbée d’un clan imperméable au rajeunissement ? Serait-elle vraiment coupable de tels agissements ?

En effet, les ressources de l’Etat ne sont pas des propriétés privées. Il est par conséquent inadmissible qu’elles servent à entretenir une bourgeoise au milieu d’un peuple qui tire le diable par la queue. Il y a là, matière à s’offusquer. Dans tous les départements sectoriels de l’Etat, la corruption et l’affairisme sont devenus monnaie courante. L’opacité de la gestion des finances publiques laisse paraître un manque de résultat notoire dans les objectifs globaux de développement. Faudrait-il tout de même conclure que gouverner, ce sont les moyens (humains matériels et financiers) et leur utilisation rationnelle. De ce point de vue, il faut se sentir lésé, à tous les niveaux de la gouvernance. Si les faits sont avérés, 28 milliards, ce sont au moins 28km de routes, techniquement, 4 centres de formations professionnels, ou en encore des centres d’incubation pour des jeunes guinéens. Ce serait aberrant, que ce montant serve qu’à des égos.

Par ailleurs, les cadres guinéens, en complicité avec certains organes de presse tout de même, sont spécialistes de ces genres de coups en douceur. Ils aiment moissonner là où ils n’ont pas semés.

Ternir l’image de leur prochain pour répondre à leurs propres désidératas, leurs soifs d’ascension carriériste, c’est tout le fort. De telles adversités, n’amènent le pays que dans la régression morale. L’honneur et la dignité sont piétinés, des rapports fallacieux qui incriminent sont établis pour des fins de nuisance. Ça aussi, c’est sidérant.

Nous ne cherchons pas à dédouaner, loin s’en faut. Mais il faut relativiser sur les pratiques. Entre la pratique courante de corruption et les coups bas pour postes, il y’a du doute à émettre, de la réserve à observer. Si la Ministre se fait jalouser, il y’a des gens qui seront prêts à tout pour salir son image. Si elle succombe, la lutte pour la génération ( rajeunissement) restera encore un défi. En cela, nous nous sentirons tous coupable et mis en cause. Car, il s’agira là, du défaut “jeune” qui s’exprimera.

Enfin, il y’a les 518, les ténors des finances et de la comptabilité de notre gouvernance, ils sont aussi suspects que Madame la Ministre. Si les enquêtes devraient se poursuivre, ils mériteraient d’en être aussi des cibles. Car, ils ont des comptes à rendre par rapport à la disparité entre leurs trains de vie luxueux et les missions non accomplies qui leurs sont assignées.

Il faut dénoncer la corruption, s’en offusquer si nécessaire, mais se réserver dans un climat douteux surtout à une période où un nouveau gouvernement est attendu.

Aboubacar Sidiki Kaba, Sociologue et Chroniqueur politique.
Membre de Intelligentsia3.0