Pour des motifs liés « au coronavirus », le gouvernement guinéen a interdit toute manifestation de rue jusqu’à nouvel ordre et ce, sur toute l’étendue du territoire national. S’exprimant sur la question chez nos confrères de Mosaiqueguinee, le Président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG), Bah Oury estime que cette décision « n’est pas fondée ».

Dans l’entretien avec nos confrères, Amadou Oury Bah a d’abord souligné que la liberté de manifester est un droit constitutionnel. Et pour lui, pour interdire ce droit reconnu par la constitution du pays « il faut que cette décision soit dûment motivée. Par contre, le fait de dire que, nous sommes dans une période d’urgence sanitaire liée au COVID-19, ne peut pas être une justification suffisante pour interdire la manifestation, puisque les élections présidentielles ont été organisées durant la période d’urgence sanitaire. Des meetings, des rassemblements extrêmement importants ont été organisés ; donc l’argumentation pour la justification de l’interdiction n’est pas suffisante ».

L’ancien ministre de la réconciliation nationale, estime que lorsqu’un gouvernement agit, « il doit agir dans le sens de l’intérêt général et non pas dans le sens d’utiliser la loi ou d’utiliser ses prérogatives uniquement pour satisfaire ses intérêts personnels ».

Aux yeux du leader de l’UDRG, cette décision de l’exécutif guinéen « n’est pas du tout fondée au regard du contexte politique et au regard de l’argumentation utilisée par le régime en place ».

Malgré la suspension des manifestations par l’Etat, le parti Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et ses alliés, comptent investir les rues du pays demain mercredi pour protester contre « les tueries, violences, arrestations et détentions de militants de l’opposition ».

Saidou DIALLO