Plus de 60 ans de “souveraineté”, les pays francophones d’Afrique n’ont toujours pas une véritable indépendance et une liberté par rapport à la France. Le plus irritant encore, le système politique de nombreux pays dont la Côte d’Ivoire est contrôlé par la France. Alors que la Guinée, avec son peuple fier de son histoire glorieuse, se plaît moins dans ce “gaullisme-macronnien”. Un passé qui renaît et qui, sans nul doute, laisse entrevoir cette haine d’une France réduite au caquet. C’est “du Gaullisme” de 1958. L’idée d’une “Françafrique” dominée par l’esprit de contrôle des ressources africaines (humaine, par l’élite politique, et matérielle).

Mais pourquoi ni les élites africaines ni la France ne semblent vouloir rompre avec les griffes de la Françafrique ? Il faut mettre le blâme sur les épaules des élites déterminées à défendre leurs intérêts privés.

Au fait, en 1962, le président français “Charles de Gaulle” charge son conseiller Jacques Foccart de construire la Françafrique. Foccart a construit un réseau de contacts personnels entre les dirigeants français et les élites des anciennes colonies françaises. C’étaient souvent des relations très personnelles, mais elles avaient aussi un caractère opaque, très paternaliste, très dominant. Foccart a proposé les traités qui sont toujours en vigueur aujourd’hui. En échange d’une protection militaire contre les tentatives de coup d’État et le paiement de ristournes importantes au trésor public français. Ces apprentis sorciers “dirigeants africains” ont garanti aux entreprises françaises l’accès à des ressources stratégiques telles que les diamants, les minerais, l’uranium, le gaz et le pétrole. Il en résulte une solide présence des intérêts français sur le continent, dont 1 100 entreprises, quelque 2 100 filiales et le troisième portefeuille d’investissements en Afrique francophone.

La Guinée par ailleurs, forte donc de la dignité héritée du régime révolutionnaire, s’est moulée dans l’esprit du respect. Notre peuple ne s’est jamais laissé assouvir dans les spectacles du contrôle de nos richesses. Nous avons certainement eu des problèmes de gouvernance. Mais à aucun moment, nous ne comptons laisser nos orientations politiques et idéologiques influencées par un pays qui encourage, jusque-là, le tiers-mondisme.

Cette sortie du Président Macron, intervient dans un contexte politique interne émaillé d’adversité et de doute. Mais, assurons nous, c’est du “nonsense”. Car le vaillant peuple de Guinée, avec sa jeunesse au rendez-vous de l’histoire, a compris les manœuvres d’un pays qui n’a de ressource que la complaisance et l’ingérence. C’est honteux, si toutefois, nous succombons à ce sifflet d’un jugement démocratique partiel.

Cet esprit de “capitalisme démocratique” fondé sur la défense unitaire des intérêts français, se transposant dans l’arène politique africaine ne passera plus chez la jeunesse consciente de Guinée. Ce commérage d’appréciation différentiel, dont Macron seul et sa France détiennent le secret, n’a aucun impact sur la trajectoire de notre démocratie. Alpha Condé a eu donc raison de demander à ses homologues africains de faire prôner la démocratie à l’africaine en appelant à couper le cordon ombilical avec la “France”.

Tout cela est très frustrant. La jeunesse africaine devrait désormais revendiquer à ce que les politiques économiques africaines soient mises en valeur au profit des populations. Il faut rompre avec ces élites qui, au sommet du système, n’ont pas de volonté de changer, qui veulent continuer à servir la France au lieu de servir les meilleurs intérêts de leur peuple.

Il faut que la jeunesse africaine se fasse de plus en plus entendre pour revendiquer une véritable indépendance et rompre avec cette relation insensée et malsaine avec la France.

“Servir la République”
Par Aboubacar Sidiki Kaba, Sociologue et chroniqueur politique.
Membre de Intelligentsia3.0