Arrêté à la Carrière le 24 octobre, lors des violences post-électorales et conduit en prison, Elhadj Ibrahima Sow, a perdu la vie alors qu’il était en détention à la maison centrale de Conakry. Selon sa famille, il a subi des « tortures en prison ».

Le fils de la victime, revient sur les circonstances de l’arrestation de son père.

« Ce jour-là, il y a de la pagaille dans le quartier. Des policiers ont pourchassé des enfants qui sont passés devant notre concession. Les forces de l’ordre, en compagnie de certains jeunes du quartier, nous ont attaqués. On ne pouvait rien faire contre eux. Le vieux, frustré, est sorti pour les empêcher de détruire nos biens. C’est suite à des disputes qui ont éclaté entre eux qu’ils l’ont embarqué. Quand nous sommes sortis, nous avons vu des jeunes avec des machettes ainsi que les forces de l’ordre », explique Boubacar Sow

Des négociations ont été entamées à la gendarmerie Eco3, pour la libération du père de famille, mais en vain : « Quand il a été arrêté, nous sommes allés à la gendarmerie Eco 3 pour voir comment négocier avec le commandant. Ils nous ont promis qu’il allait le libérer. Trois jours plus tard, ils l’ont transféré à la Maison centrale. Nous lui avons rendu visite en prison (…). Récemment, nous l’avons trouvé malade. Ils l’ont transféré dans une clinique, il est sorti. Vendredi, il a rencontré ma mère. Son état s’est amélioré. Samedi, je suis allé le voir, on m’a dit que je ne peux pas accéder à la salle. Ma sœur s’y est rendue dimanche, ils ont accepté qu’elle le rencontre. Une fois à l’intérieur, elle l’a constaté que mon père a été brutalisé. Il y avait des traces de corde au niveau de ses poignets et le vieux était fatigué. Ils lui ont fait un prélèvement pour envoyer à Ignace Deen. Il a subi des tortures. On ne sait pas si ce sont les détenus qui l’ont torturé ou les forces de l’ordre. On l’a transféré à l’hôpital, mais il était tellement fatigué qu’il ne pouvait même pas communiquer. Les tests ont révélé qu’il a le diabète et sa tension artérielle était trop élevée ». Des propos recueillis par nos confrères de Visionguinee.

Le corps d’Elhadj Ibrahima Sow a été rendu à sa famille pour son inhumation.

Aïssatou Djibril