Le principal parti d’opposition UFDG, double perdant aux élections présidentielles de 2010 et 2015, a sans surprise, jeté son dévolu sur son président ce dimanche 6 septembre pour porter son étendard au prochain scrutin présidentiel, qui connaîtra la participation du président Alpha Condé, lui briguant, un troisième mandat.

Dans plusieurs bribes de son discours, Cellou Dalein Diallo fait savoir que sa victoire est déjà  acquise et qu’il n’est pas question de la lui voler, cette fois au risque de ne pas se résigner comme lors des précédentes élections.

Au delà de la question suivante : « Est-ce que vous êtes prêts à refuser le vol de notre victoire dont Alpha Condé est coutumier ? » qui attire tout de suite l’attention de tout observateur, le président de l’UFDG, a poursuivi « …Mais il ne faut pas se leurrer. Avec une Constitution falsifiée, dont l’application est partiellement suspendue, un Fichier électoral tronqué et taillé sur mesure, une CENI et une Cour constitutionnelle totalement inféodées à Alpha Condé, la tâche sera ardue. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut céder aux forces de l’abandon… Ensemble, nous rétablirons la souveraineté du peuple, une souveraineté aujourd’hui travestie et détournée. La dictature n’est pas une fatalité. L’alternance démocratique est possible. Elle est à notre portée. Pour garantir cette volonté de changement, nous devons nous engager dès maintenant à nous battre. Se battre pour gagner. “Se battre pour conserver notre victoire”… »

Il conditionne sa participation à l’élection présidentielle, à certaines garanties qu’il demande à ses militants dont entre autres « voter et sécuriser les suffrages que les guinéens ne manqueront pas de nous accorder, et de vous battre pour refuser, quoi qu’il arrive, que notre victoire nous soit volée… »

L’ancien chef de file de l’opposition laisse entendre que sa victoire, pour un jeu qui n’est pas encore joué, est incontestable et met en garde la communauté internationale, souvent présente pour éteindre le feu.

« Oui, si Alpha Condé ne reconnait pas sa défaite dans les urnes, nous saurons la lui démontrer dans la rue, sans coup férir. Et nous prenons déjà à témoin la communauté internationale qu’il est hors de question cette fois-ci que notre victoire soit confisquée. Il est temps qu’elle interpelle Alpha Condé, qu’elle lui rappelle les règles élémentaires de la démocratie. Si c’est entre nos mains qu’elle abandonne cette mission, alors Alpha Condé assumera toutes les conséquences de son entêtement et de sa kleptomanie électorale .»

Cellou Dalein Diallo, sur un ton ferme, menace et exprime toute sa confiance en allant à cette élection « Nous lui donnons rendez-vous le 18 octobre. Nous lui montrerons que notre volonté de changement et d’alternance ne se négociera plus. 2020 n’est pas 2010, encore moins 2015. Nous sommes prêts. Nous gagnerons. Qu’Alpha Condé se le tienne pour dit. Cela est écrit. Cela sera accompli. »

Des propos qui laissent transparaître les lueurs d’une crise post-électorale. Le RPG Arc-en-ciel en face, commence déjà à laisser émerger l’idée du coup K.O. 

C’est le moment pour les colombes blanches de se mettre en branle en vue de permettre d’assurer à cette élection toute les garanties nécessaires de transparence et de crédibilité, afin d’éviter à la Guinée, des crises de trop. 

La question que l’on peut être en droit de se poser, est celle de savoir, pourquoi aller à une compétition dont on se dit déjà gagnant?

Actujeune.com