24 heures après la démission sous contrainte du président IBK et la première prise de parole de la junte militaire qui s’est emparée du pouvoir, l’opposition malienne réagit. La coalition hétéroclite M5-RFP qui menait depuis le mois de juin une fronde contre l’ancien régime, dit saluer le départ d’Ibrahim Boubacar Keita.

« Nous saluons d’abord l’aboutissement du combat du peuple malien, à savoir la démission du président Ibrahim Boubacar Keita et de son régime », a déclaré Choguel Maïga, président du comité stratégique du M5, sur les ondes de la RFI.

L’opposant malien indique qu’ils ont « pris acte des premières déclarations » du Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP), qui précisent clairement que la junte vient organiser une « transition politique civile ».

« Nous estimons que c’est le parachèvement de la lutte du peuple malien par une de ses composantes, les forces de défense et de sécurité qui ont été aussi victimes que le reste de la population, de la mauvaise gestion de cette oligarchie ploutocratique qui a pris notre pays en otage et qui empêche toutes perspectives pour l’ensemble des fils de notre nation », soutient Choguel.

Ce coup de force intervient alors que le ministère malien de la justice annonçait une procédure judiciaire sur les « multiples exécutions sommaires et disparitions » enregistrées lors des opérations militaires au Mali. D’aucuns s’inquiètent aujourd’hui que la prise du pouvoir par l’armée ne nuise à ces enquêtes. « Avec le coup militaire, l’armée devient juge et partie », estime un membre de l’ex majorité présidentielle qui a préféré garder l’anonymat, rapporte France24.

Saïdou DIALLO