Le Directeur Général de la Police, Ansoumane Camara, a reçu en audience ce mercredi, le « collectif des femmes de Guinée pour la paix », sur l’épineuse question d’identification des auteurs des tueries pendant les manifestations politiques. Au cours des échanges, Ansoumane Baffoé a exprimé son souhait d’impliquer ces femmes dans une synergie d’actions pour aider la police à « démasquer ceux qui tuent et ceux qui commettent des violences »

Pour Sekou Koundouno, responsable des stratégies et planification du FNDC, cette volonté du patron de la police guinéenne, est paradoxale. Le frontiste indique que c’est une « diversion » car selon lui, c’est la police même qui dissimule la vérité sur ces crimes. 

« C’est le monde à l’envers. Comment comprendre que la police qui tue et persécute les opposants au 3ème mandat peut se permettre de demander aux citoyens d’enquêter sur une telle institution démissionnaire ? C’est une diversion qui ne marche plus en Guinée. Je pense que M. Bafoe commence à réaliser que l’étau se ressert autour de lui du fait que le CPI ouvre une enquête préliminaire sur les nombreux crimes de sang dont il fait partie des commanditaires. Ce sont eux qui cachent derrière eux les résultats d’autopsie en vue de dissimuler la vérité aux familles dont les enfants ont été lâchement assassinés par les forces de l’ordre aux ordres de sa hiérarchie », déclare-t-il.

Koundouno voit à travers cette démarche du Général Baffoé, une preuve qui met à nu la corruption au sein de la police et des autres institutions guinéennes, mais aussi qui démontre la nécessité d’une juridiction impartiale et étrangère pour rendre justice à toutes les victimes : « La mise en scène qu’il est en train de faire avec ces femmes est une mauvaise communication dans la mesure où ça renforce l’argument que seule une juridiction impartiale comme la CPI peut rendre justice aux victimes.Toutes les institutions Guinéennes y compris la police sont corrompues », confie-t-il.

« Baffoé peut donc continuer à soudoyer des femmes pour l’aider à nier l’évidence mais qu’il n’ignore point que la CPI est désormais à sa trousse pour sa responsabilité dans la chaîne de décision des tueries de manifestants contre un mandat de trop en Guinée », alerte le responsable du FNDC.

Abdoulaye KABA