Ce sont plusieurs mères, épouses, sœurs et tantes, qui ont envahi tôt ce mardi 11 août 2020, le domicile du patriarche de n’zérékoré, Molou Holomo Hazaly Zogbélémou. Elles exigent, l’implication du sage, pour faire libérer les personnes arrêtées et déportées à Kankan, lors des dernières violences inter-communautaires qui ont eu lieu en Guinée forestière.

Dès 06h, un groupe de femmes, est arrivé au domicile du doyen de N’zérékoré. Genoux à terre, elles l’ont supplié d’user de son autorité pour obtenir la libération de leurs maris et fils détenus depuis un certain temps à la maison centrale de kankan. Certaines affirment avoir dépensé en vain, d’importantes sommes pour obtenir gain de cause.

« Depuis qu’ils ont envoyé nos maris, on n’a pas quelqu’un pour nourrir la famille. On a trop souffert, nous avons la charge des enfants, les frais de scolarité de nos enfants et d’autres dépenses pour la famille. Nous avons trouvé les gens qui sont venus nous demander de leur donner de l’argent pour aider à libérer nos maris mais rien. Moi personnellement j’ai dépensé plus de 10 millions dans cette affaire et nous sommes passées par tous les moyens pour obtenir gain de cause mais rien. On a tous maigri et on n’a rien pour nourrir nos familles. C’est pour cela que nous sommes-là ce matin nues et couchées par terre pour voir le vieux qui est notre père pour qu’il nous aide à plaider auprès du président afin que ce dernier puisse libérer nos maris », a déclaré Widöh Loua, l’une des manifestantes.

Une autre, implore la pitié du président Alpha Condé, tout en lui demandant de penser aux différentes familles des détenus.

« Sincèrement, ça ne va pas dans nos familles. Moi, mon enfant qui est en prison, sa femme était en état de famille, elle a subi opération à l’hôpital et personne n’est à côté d’elle actuellement. Je suis obligée de venir ici parce que depuis plusieurs mois, nous sommes sur pied pour le problème-là, sans trouver une solution. Vraiment, on prie le président de la République de nous aider à libérer ces enfants-là. Il doit avoir pitié de nous, pauvres épouses et pauvres mères, qui souffrons depuis l’arrestation de ces personnes », a-t-elle plaidé au micro de notre source locale.

Le patriarche lui, au moment où nos sources relayaient cette information, n’avaient pas encore été au contact des plaideuses. Elles promettent de rester là, jusqu’à ce qu’elles puissent rencontrer celui-ci et qu’il s’engage à les aider.

Ce sont au total, 44 opposants, au troisième mandat du président Alpha Condé, arrêtés à N’zérékoré, et détenus à kankan. Ils sont accusés, d’être responsables des affrontements inter-communautaires, qui ont émaillé, le double scrutin du 22 mars 2020 dans la capitale de la Guinée-forestière.

Aïssatou Djibril