Le Président de la République, à travers cet assassinat démocratique, ne nous a pas surpris, il a juste éveillé nos soupçons, en tout cas pour les gens intelligents et vigilants.

Monsieur le Président, chers frères et compatriotes du grand parti RPG, les valeurs de la démocratie ne sont pas un résumé d’un bilan calqué sur de l’irréel. Elles tiennent compte d’abord des vécus, de notre passé, des risques du présent, tout en sachant se projeter dans l’avenir.
Par ailleurs, il ne saurait avoir de démocratie sans respect des accords qui nous sont communs, sans respect des principes qui la régissent. C’est aussi le prix à payer quand on opte pour une doctrine, c’est-à-dire le vouloir et respecter ses principes.

Très sincèrement, en dépit de toute considération d’émergence macroéconomique, la venue du Président Alpha Condé au pouvoir a été perçue, premièrement, comme un moyen pour effacer les séquelles issues de la gouvernance du Président Conté, deuxièmement, comme une garantie, afin d’approfondir et améliorer le processus de démocratisation amorcé en 2010 par le vaillant peuple de Guinée, avec l’aide bien entendu d’un régime militaire.

Le Président vient d’illégitimiter toutes ces années de combats nobles quand il était opposant, en reproduisant toutes les pratiques pour lesquelles il s’est engagé en politique pour les combattre ou les atténuer.

Par cet acte, notre jeune démocratie vient de signer son arrêt de mort. L’environnement politique a le visage d’une République en perpétuelle déroute.

Il dit être démocrate, lui et ses militants l’affirment à toutes les occasions. Certainement, nous n’avons pas les mêmes définitions dudit mot.

Notre jeunesse manque de repère et de référence. Elle est d’abord victime de sa naïveté, de son sentiment de soumission aveugle et de ses propres performances.

Le Présent de notre pays devait plutôt être meilleur par rapport à son passé. C’est cela la dynamique d’une République en développement.

Si nous avions la moindre idée, entre Conté et Condé, qui a été le principal obstacle à l’émergence de notre démocratie? Il y’a lieu d’expliquer l’échec lamentable du dernier.

A. Linkol disait ceci: « une nation divisée court fatalement à sa perte ».
Eu égard à la situation sociopolitique de notre pays, j’en déduis que notre degré de désunion peut amener n’importe qui à utiliser n’importe quoi pour se maintenir au pouvoir et faire du n’importe quoi
Triste réalité, n’est-ce pas ?

Mory Damaro Kourouma.
Juriste, Intelligentsia3.0