Annoncée par le président de la République Alpha Condé qui arrive au terme de son deuxième et dernier mandat, il y a de cela deux semaines, la réouverture partielle des classes qui entre en vigueur ce lundi 29 juin, n’aura finalement été qu’un énième rendez-vous raté. En lieu et place d’une reprise effective, qui aurait pu susciter l’engouement d’une rencontre après une longue absence, entre l’école et les apprenants, c’est la déception qui s’impose.

Au plus haut sommet d’une administration incapable de structurer un secteur censé ouvrir les portes vers un réel progrès social et économique pour la Guinée, rien n’a pu être mis en place pour honorer ce rendez-vous. Ceux qui ont l’impression que tout ceci est savamment orchestré par une élite égoïste, insoucieuse de l’avenir des futures générations et voulant à tout prix maintenir la masse dans l’obscurité pour mieux pouvoir la contrôler et perpétuer sur elle son hégémonie, semble ne pas avoir tort.

La quasi-totalité des écoles n’ont pas fait cours ce lundi 29 juin 2020. Les raisons sont simples.

Manque d’organisation à temps pour faire appliquer l’état d’urgence sanitaire a marqué ce simulacre de reprise.

Ce lundi, plusieurs établissements d’enseignement scolaire ne pourront ouvrir leurs portes et accueillir les apprenants. La raison, aucune disposition ni en terme de kits sanitaires, de thermoflashs et de bavettes, pourtant annoncée par l’État, n’a été prise.

Le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation de son côté indique être à pied d’œuvre pour doter tous les établissements d’enseignement scolaire du nécessaire de dispositifs sanitaires. Par contre, il invite les écoles qui n’ont pas encore reçu d’accompagnement à ne pas ouvrir leurs portes et à attendre l’installation complète des dispositifs. Ce qui sous-entend que certaines écoles démarrent les cours ce lundi tandis que d’autres devront encore attendre et continuer à accuser du retard. 

La position figée et légitime des enseignants des écoles privées 

Il faut également préciser que cette reprise des cours se heurte à un appel au boycott lancé par le Syndicat National des Enseignants du Privé (SYNEPGUI), qui réclame le paiement intégral des salaires des enseignants des écoles privées, pour les trois derniers mois.

L’appel au boycott des étudiants 

Pour les universités publiques et privées du pays, aussi concernées par cette reprise, les étudiants sont restés droits dans leurs bottes. La plupart d’entre-eux ont brillé par leur absence. Dans un communiqué rendu public le 26 juin, à seulement trois jours de la reprise, les structures estudiantines représentant les étudiants des universités publiques et privées de Guinée ont appelé leurs camarades à boycotter à ne pas répondre à l’appel des autorités. Ces dernières dénoncent la non prise en compte par les décideurs, de la diminution du coût du transport qui doublé ces derniers jours sans que personne ne s’en émeuve. À quelle suite devrions-nous nous attendre? L’avenir en dira mieux.

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