La question d’un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé plus que jamais, est au centre des débats, tant au sein de l’opinion nationale qu’internationale. Si toutefois plusieurs membres de son parti politique n’écartent pas la possibilité d’un troisième mandat pour lui, le principal concerné pour sa part continue d’embrumer sa position et maintient le suspense.

Dans une récente interview par visioconférence qu’il a accordée à Jeune Afrique pour le compte de sa parution du début du mois de juin, Alpha Condé a été interrogé à propos d’une éventuelle candidature pour un troisième mandat, en ces termes : Cette Constitution vous donne le droit d’être à nouveau candidat pour un troisième mandat, et c’est d’ailleurs pour cela que l’opposition la rejette. Le serez-vous ?

Le locataire de Sekhoutoureya a aussitôt réagi comme suit. 

Pourquoi poser cette question quand il s’agit de la Guinée et ne pas la poser dans d’autres pays où les chefs d’État peuvent être réélus indéfiniment ? Donc, quand il s’agit d’Alpha Condé, le traitement devrait être particulier ? Donc certains présidents seraient autorisés à modifier la Constitution et à se présenter trois, quatre, six fois, et pas celui de la Guinée ? Cette forme de géométrie variable qui prétend se substituer à la volonté populaire n’est pas acceptable.

Pr. Alpha Condé

L’intervieweur François Soudan, comme insatisfait et n’ayant pas obtenu une réponse à sa question, renchérit : Vous n’avez pas répondu à ma question… 

Mais Alpha Condé pour cette fois, sera un peu plus précis. Pour lui, la charge revient à son parti de décider de présenter ou non sa candidature aux prochaines élections présidentielles. 

Mon opinion sur une éventuelle candida- ture importe peu. C’est le Rassemblement du peuple de Guinée, ou plus exactement la mouvance RPG–Arc-en-Ciel, dans laquelle siègent d’anciens leaders de l’opposition, comme les ministres Aboubacar Sylla et Mouctar Diallo, qui décidera le moment venu de l’identité de son candidat.

Pr. Alpha Condé

La constitution récemment approuvée par la cour constitutionnelle, autorise six ans pour chaque mandat renouvelable une fois et offre au locataire de Sékhoutoureya, la possibilité de briguer un nouveau mandat. C’est effectivement à ce niveau que l’inquiétude d’une importante partie de la classe politique et de l’opinion publique se situe. Éviter à la Guinée un président Ad vitam æternam. 

Le temps saura en dire mieux !

Abdoulaye