Le président guinéen, confronté à une crise multiforme d’abord politique, puis sanitaire et économique, s’est prononcé sur les récents événements qui ont marqué un tournant décisif dans l’exercice du pouvoir politique en Guinée. La Guinée, bien que controversé, a changé de constitution et s’est offerte un nouveau parlement, dépourvu d’opposition classique.

Lors du processus qui a abouti à cette « alternance juridico-institutionnelle », des violences meurtrières ont éclaté à mains endroits du pays, l’ayant conduit au bord du gouffre. Les plaies, plus que jamais, sont fraîches et restent ouvertes. 

La Guinée reste divisée entre ceux qui soutiennent un changement de constitution et ceux qui rechignent ce projet. Y voyant un boulevard ouvert au chef d’Etat pour briguer un troisième et possible quatrième mandats si mère Nature lui en donne santé et longévité nécessaires.

Le Fouta principal fief de l’opposant majeur du pouvoir de Conakry, Cellou Dalein Diallo, a brillé par son opposition au processus à l’image d’autres contrées du pays. Les élections auraient connu en Moyenne-Guinée le plus bas taux de participation, aux dires du président Alpha Condé.

D’abord je vous rappelle que les deux scru- tins ont eu lieu au niveau national, malgré les sabotages et les intimidations, avec un taux de participation honorable d’environ 58 % pour chacun d’eux. C’est exact, on a beaucoup moins voté dans le Fouta que dans les trois autres régions, et ce pour une raison évidente : l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) de Cellou y a multiplié les menaces envers ceux qui n’étaient pas de son camp, allant jusqu’à attaquer des bâtiments de l’État et à incendier la maison du candidat de mon parti, à Labé. Plutôt que d’aller à l’affrontement, ce que souhaitaient nos adversaires, nous avons donc décidé de fermer des bureaux de vote. Faut-il pour autant conclure à une dérive intercommunautaire ? Non. Les Guinéens ont dépassé ce stade. Ils savent faire la différence entre les deux catégories d’hommes politiques. D’un côté les hommes d’État, dotés d’un programme crédible, qui s’adressent à l’intelligence et aux facultés de raisonnement. De l’autre les politiciens démagogues, qui s’adressent au subjectif, c’est-à-dire à l’ethnie et à la religion.

Pr. Alpha Condé

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