L’artiste planétaire Mory Kanté, a rejoint sa dernière demeure ce mardi, après avoir tiré sa révérence vendredi dernier. Présent aux obsèques, Jean Baptiste Williams, ami du défunt et Directeur National de la Culture, est revenu sur la carrière de l’artiste, qu’il qualifie des plus élogieuses. 

Je n’ai pas cessé de dire que Mory Kanté était un artiste musicien multidimensionnel et protéiforme. Mory Kanté, c’est des milliers et des milliers de disques vendus. Aujourd’hui on n’arrive pas à le dire exactement, mais c’est entre 15 et 20 disques d’or. Personne ne l’a fait mieux que Mory Kanté. Ça c’est la principale leçon de sa carrière. Alors le “griot électrique”, vous l’avez compris pourquoi. Prendre un instrument traditionnel qui sort des cours royales et qui est la kora, qui est faite pour bercer les empereurs et les rois, prendre cet instrument sacré et mythique pour le placer très haut, sur les grandes scènes du monde, les scènes les plus prestigieuses, il a fallu Mory Kanté. En plus d’être un chanteur, il fut un instrumentaliste qui aura porté très haut un instrument traditionnel au sommet de tous les instruments.

Pour Jean Baptiste Williams, Mory était aussi cet artiste qui a réussi à créer dans une alchimie propre à lui seul, un certain équilibre entre la musique traditionnelle et celle moderne : « Il s’agit pas simplement de jouer de la musique traditionnelle… Il faut savoir faire ce dosage important entre tradition et modernité. Mory Kanté a réussi cela aussi. Disons, tout ce que Mory Kanté a touché est devenu de l’or et le résultat est là aujourd’hui ».

Puis de rajouter : « C’est bien triste, c’est bien dommage que Dieu nous l’ait arraché. Mais je crois que c’est parcequ’il était bon qu’il l’a rappelé à ses côtés ».

Abdoulaye KABA