Il vous suffira juste de dire “Marème” ou “Cheick” ou encore “Lalla”, pour captiver tout un public. Bien sûr ce sont des noms, mais des noms de personnages de cette série télévisée sénégalaise intitulée “Maîtresse d’un homme marié”, dont la diffusion est devenu un rendez-vous à ne pas se faire conter chez bon nombre de guinéens. Depuis ses premières diffusions sur la chaîne A+, le feuilleton télévisé sénégalais s’est imposé dans au centre du débat de milliers de guinéens. 

Polygamie, viol, violences conjugales, dépression, maladie, sexualité, mariage forcé, infidélité, hypocrisie et commérage, tout y est. Autour de cette œuvre se voient régulièrement se constituer, tel qu’au Sénégal, deux blocs : conservateurs et progressistes.

Elle est produite en plusieurs dizaines de épisodes, réparties en deux saisons. Chacune des épisodes fait 25 minutes. À Conakry, les fils d’actualité des différents réseaux sociaux notamment Facebook sont pris en otage. En quoi est-elle si captivante?

Les téléspectateurs les plus passionnés ont donné leurs avis.

Patricia Lamah, passionnée de l’œuvre estime que c’est une école pour tout le monde. Selon elle « Certaines femmes, maîtresses, en regardant la série, remettront en cause leur situation. J’ai compris que le but n’est pas de dénoncer, mais de faire prendre conscience de nos réalités qui tournent autour du mariage, de la polygamie, de l’amitié, de l’alcoolisme, du mariage forcé, du viol, de la dépression (qui n’est pas souvent considérée dans notre société). Bravo à la scénariste qui met aussi en valeur la femme africaine dans sa culture et son identité à travers les coiffures et tenues africaines bien choisies ». 

Comme Patricia, Tawel Dana abonde dans le même sens. Elle se dit surtout séduite par la mise en avant de l’émancipation de la femme africaine avec les différents rôles joués par les actrices. « J’adore cette série car ses réalisateurs revalorisent la beauté africaine ensuite l’émancipation de la femme noire comme par exemple Raky qui bosse dans l’ingénierie, Djalika qui se bat pour ses enfants ensuite lala qui est une femme exemplaire du foyer cette série représente en gros une image de l’Afrique actuelle ».

Assiatou Diallo, pour sa part estime que les nombreux épisodes qu’elle a suivis, révèlent l’autre visage de la société africaine. 

« Cette série relate les réalités africaines. La vie en société, la discrimination, la tromperie la jalousie, le matérialisme. Elle nous enseigne aussi que l’amour peut influencer nos principes. Que le respect au sein de la société est l’équivalent de vos moyens financiers. J’ai compris aussi qu’il ne faut pas trop se fier aux apparences, qu’elles peuvent cacher des choses sombres ».

À propos de la série

La série met en scène le quotidien de cinq femmes dans la société sénégalaise actuelle. Marème Dial, une jeune sénégalaise, entretient une liaison avec Cheikh, un homme marié à Lalla Ndiaye, archétype de l’épouse traditionnelle. Marème parvient à ses fins en devenant la co-épouse de Cheikh.

Djalika Sagna est une femme active tant au travail que dans son foyer, devant faire face à la violence de Birame, son mari alcoolique. Dior Diop, sa meilleure amie, a été victime d’un mariage forcé. Enfin, Racky Sow est elle, hantée par le souvenir d’un viol.

Un feuilleton qui casse les codes et déplaît aux conservateurs sénégalais 

Maîtresse d’un homme marié” à sa sortie, a suscité quelques controverses chez certains sénégalais qui estiment qu’elle affecte les mœurs en faisant la promotion de la fornication et de l’adultère. Elle a fait l’objet d’une plainte portée par l’ONG Jamra auprès du Conseil national de régulation de l’audiovisuel. L’organisation l’a accusé d’« apologie de la fornication », de « promotion de l’adultère » et de « pornographie verbale ».

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