En dépit de la déclaration de l’état d’urgence sanitaire ainsi que l’annonce de mesures supplémentaires par le Chef de l’Etat, la Guinée enregistre à la date du 23 avril, 862 cas confirmés (source ANSS). A cette allure, chaque citoyen de Conakry est un peu plus exposé à la folie du COVID-19. Du côté de l’Etat, la main ne doit pas trembler, il faut décider pour une ou deux semaines, le confinement général de la Ville de Conakry.

Le recours à cette mesure permettra entre autres :

  • De contenir le mouvement des populations: il suffit d’observer les transports en commun pour réaliser que le risque pour les usagers de contracter la maladie est grand, surtout que ces transports ont été rendu gratuits pour trois mois;
  • De mieux identifier et suivre les contacts: plus d’une fois, l’ANSS a reconnu sa difficulté quant au suivi des personnes-contacts. Certains parmi eux refusent de coopérer. Où sont-ils ? Que font-ils ? Le confinement peut faciliter leur localisation;
  • De sécuriser les personnes guéries du COVID-19 ainsi que leur entourage: il serait dommage qu’une personne passe plusieurs semaines au centre de traitement, soit déclarée guérie et redevienne malade. Ce cas de figure n’est pas souhaitable; 
  • De réquisitionner des hôpitaux (même privés), quelques casernes voire mettre en état certains sites déjà en chantier pour les malades. Il ne faut pas attendre d’être débordés pour ne plus savoir où donner la tête, sachant que le pays ne dispose pas de personnels, d’équipements et d’infrastructures suffisants ;  
  • De désinfecter et d’assainir les marchés et autres lieux publics.

La mesure est difficile dans un pays où une grande partie de la population vit au jour le jour. Toutefois, je ne crois pas que le gouvernement soit incapable de réfléchir à des mesures pour répondre efficacement aux attentes des habitants de Conakry notamment sur le plan de l’alimentation durant la période du confinement. La mesure que je propose pour réduire la chaine de contamination reste une opinion. Il ne faut pas se leurrer, l’heure est grave, l’heure est surtout à l’action. 

Joseph Pélicot Camara