La crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 est venu empirer la situation déjà minable des étudiants guinéens à l’étranger. Ceux de l’Algérie et de la Tunisie font partie des plus éprouvés. Ils vivent dans des conditions particulièrement intenables en cette période marquée par le confinement, auquel vient s’ajouter le pénible mois de Ramadan. La Guinée, leur pays, leur a tourné le dos. Leur maigre bourse d’entretien de 40 dollars le mois ne leur est pas versé depuis septembre 2019.

Sept (7) mois, voilà le temps que cela fait, que les étudiants guinéens vivants en Algérie et en Tunisie peinent à entrer en possession de leurs bourses d’entretien qui, de surcroît ne vaut que 40 dollars par mois à peine 400.000 de nos francs. 

Une situation à la limite révoltante. Le comportement condescendant de l’État guinéen à travers ses structures notamment diplomatique et l’agence des bourses extérieures, illustrent clairement ce que valent les guinéens aux yeux de leurs autorités. Celles-ci continuent de faire la sourde oreille face aux multiples appels lancés par les jeunes étudiants, orphelins de tout soutien.

Joint ce matin dans l’émission les “Grandes Gueules” de nos confrères d’Espace FM, Marcel Goépogui, étudiant guinéen en Tunisie dépeint une situation particulièrement alarmante pour lui et ses compatriotes étudiants. « La Tunisie regorge plus de 500 étudiants guinéens. Depuis Septembre 2019 nous n’avons pas reçu de bourses d’entretien. Les étudiants souffrent. Ils n’ont rien à manger. C’est l’État tunisien qui s’est engagé pour les étudiants et leur donne de quoi manger. Et l’État guinéen s’en fiche pas mal », déplore-t-il.

Le même son de cloche retentit du côté des étudiants vivants en Algérie, l’un des pays du continent, les plus touchés par la pandémie.
« Nous rentrons dans une période de confinement, et c’est le mois de ramadan. Depuis le mois de septembre nous n’avons touché aucun Dinar… A chaque fois que les représentants des étudiants abordent les autorités, il n’y a aucune suite favorable », a dénoncé dans la même émission, Bangaly Kourouma, étudiant guinéen vivant en Algérie. 

Avec l’arrivée de ce pénible mois du ramadan, la situation de la plupart de ces compatriotes pourrait se complexifier davantage.

Une assistance très urgente de la part de l’État guinéen ne serait-elle pas un acte salvateur ?
Il s’agit bien de la future élite!

Abdoulaye KABA