Du 13 mars au 13 avril 2020. Un mois jour pour jour que le Covid-19 sévit et s’impose en Guinée. Le tout dernier bilan de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire en date de ce mardi 14 avril fait état de 363 cas confirmés, avec 31 guéris, 332 patients encore hospitalisés, 1 cas de décès non encore élucidés. Notre rédaction revient sur les moments les plus marquants de la pandémie en Guinée.

Des contaminations au sommet de l’administration guinéenne

Le tout premier cas de Covid-19 a été déclaré en Guinée vendredi 13 mars dernier. Le pays a ainsi rejoint ce grand lot des Nations qui font face à la maladie. 

Des cas positifs ont été enregistrés au sein de l’administration gouvernementale. Le tout premier déclaré officiellement est ce cadre du ministère du budget qui a été testé positif après être rentré d’un séjour en France. Après lui, plusieurs autres ont également été testés positifs à la maladie. Hadja Rabiatou Sera Diallo du CES, le Ministre des TP, Moustapha Naité, Dr Makalé Traoré, le Ministre de la Sécurité, Albert Damantang, pour ne citer que ceux-ci. 

Tout récemment 12 cas positifs ont aussi été déclarés parmi le personnel d’appui à la présidence ainsi que deux collaborateurs du Premier Ministre, Chef du gouvernement. 

Le monde de la Presse touché

Le « virus maudit » n’a pas épargné le monde de la Presse guinéenne. En deux semaines, près d’une dizaine de journalistes/animateurs sont testés positifs au Covid-19. Les tous premiers cas ont été déclarés le 02 avril dernier. Aboubacar Diallo, Moussa Yero Bah, Mamadou Oury Diallo, Lamine Mögnouma Cissé, Mohamed Mara et compagnie sont alités jusqu’ici.

Des mesures pour lutter contre la maladie

Pour endiguer la maladie, plusieurs mesures ont été prises par les autorités du pays. Les premières ont été annoncées quelques jours après la déclaration du tout premier cas. L’interdiction de regroupement au-delà de 100 personnes et des mariages pompeux et l’observation des mesures d’hygiène sanitaire, notamment le lavage régulier des mains à l’eau et au savon.

Ces mesures n’empêcheront tout de même pas le virus de poursuivre sa course effrénée. Ainsi, le 27 mars, alors que le pays totalise cinq (5) cas confirmés, le président Alpha Condé passe à l’offensive et décrète l’état d’urgence sanitaire. Plusieurs nouvelles mesures sont au menu. La fermeture des frontières terrestres aux voyageurs, l’instauration du couvre-feu de 21h à 05h, la revue en baisse du nombre de passagers dans le transport en commun, la fermeture des lieux de cultes, des lieux publics et de loisir. Ces dispositions s’ajoutent à la restriction des vols et l’instauration du contrôle sanitaire au niveau des points d’entrées terrestres et maritimes, adoptées le 21 mars.

Mais une fois encore, les autorités trouveront une nécessité de renforcer ces précédentes dispositions. Car la Guinée est désormais au stade 4, avec plus de 300 cas confirmés ce lundi 13 avril. Le gouvernement guinéen a, plusieurs jours après, annoncé des « mesures additionnelles » parmi lesquelles figurent le port obligatoire de masque communautaire pour tous les citoyens et l’interdiction du transfert de corps entre les préfectures. 

En outre, le gouvernement a aussi initié la désinfection des marchés et lieux publics de la capitale. 

Un plan de riposte économique

Pour faire face aux multiples conséquences économiques et sociales de la pandémie dans le pays, le gouvernement a présenté un plan de riposte le lundi 06 avril dernier. D’un coup global de près de 3 500 milliards de francs guinéens, Il se décline en 30 mesures phares réparties en trois grandes composantes: sanitaire, sociale et économique. 

Dans ce plan, l’une des mesures phares est la prise en charge pour trois (3) mois par l’État, des factures d’électricité et d’eau pour toute la population.

Un premier cas de décès ?

Même si l’information n’a pour l’heure été officialisée par les autorités sanitaires du pays, plusieurs médias par contre évoque un premier cas de décès dû à la maladie. Cette information est confirmée par les proches du défunt. Il s’agit d’un ressortissant libanais sexagénaire qui est décédé ce lundi 13 avril 2020.

Des déficits face à la maladie

L’une des plus grandes difficultés dans le pays pour venir à bout de cette crise sanitaire est l’afflux de malades face à l’incapacité du centre de prise en charge. Le CHU de Donka qui vient d’être réquisitionné pour compenser le déficit du Centre de Traitement Épidémiologique de Nongo ne dispose que de quelques 200 lits. En plus, le pays ne dispose que d’une vingtaine de respirateurs artificiels. A cela s’ajoute la faiblesse du système sanitaire.

Aujourd’hui, quatre (4) autres villes du pays (Boké, Labé, Faranah et Télimélé) sont également touchées par la pandémie, en dépit de la capitale Conakry, qui est l’épicentre de la maladie. 

Abdoulaye KABA