47 années sont passées! voilà bientôt cinq décennies que l’astre qui brillait de mille feux ne scintille plus. Nostalgie évidente chez les plus âgés, envie désespérée de le découvrir chez les plus jeunes. Feu Demba CAMARA n’est plus. C’était une journée de 04 Avril, en 1973 et à Dakar, qu’il décédait des suites d’un accident de la circulation. L’homme, considéré comme l’un des piliers du célèbre groupe guinéen Bembeya Jazz, était chanteur soliste et animateur-compositeur. C’était aussi le plus adulé nous apprend-on.

Actujeune.com se fait le devoir de porter un « Regards sur le Passé », pour paraphraser le titre du premier album de son groupe mythique le Bembeya Jazz National.

Né en 1944 à Conakry, Aboubacar Demba est issu d’une famille originaire de Saraya (petite gare de Kouroussa). De l’école primaire de Coléah en 1952, puis celle de Kankan jusqu’en 1957, il termine son cycle primaire à Conakry avant de retourner à Kankan pour une formation à la section manuelle. Il en sortira avec un diplôme d’ouvrier-ébéniste.

Une âme née pour briller

C’est en 1963 que la voie musicale se dessine pour Demba. Alors qu’il est à la section manuelle de Beyla, il crée le « Bembeya Jazz de Beyla« . La même année, sa section musicale participe et remporte la médaille d’or au festival national de Conakry, organisé par le gouvernement. Trois années plus tard, le Bembeya Jazz de Beyla accède au rang honorifique d’orchestre national, avec le Horoya Band de Kankan avant d’être envoyé en tournée à Cuba. Demba devient une superstar dans toute la sous-région, après le spectacle et le disque « Regards sur le Passé » (1967), Samory Touré (1830-1900) et Epopée qui constituait aussi un hommage à Ahmed Sékou Touré.

Demba, le Dragon de la chanson africaine était connu pour sa diction très entraînante. A sa mort, le journaliste, poète et critique guinéen, Ibrahima Khalil Diaré, révèle : « il (Aboubacar) apporte à la chanson d’émouvants rajouts de son cru. Car les appels hurlés, les cris de joie de Demba sont irrésistiblement émouvants ».

Une disparition qui émeut le monde et des hommages dignes de son rang d’honneur

Le 31 mars 1973, alors qu’il quittait l’aéroport de Dakar à bord d’un taxi, invité à animer un bal avec son orchestre, le célèbre soliste est victime d’un accident et souffre d’une hémorragie cérébrale et d’une compression de la cage thoracique.

Après 4 jours d’hospitalisation, Aboubacar décède à l’hôpital principal de Dakar le 04 Avril. 

A l’annonce de sa mort, des télégrammes sont arrivés de tous les pays où le Bembeya Jazz a eu à se produire et Dakar connaît une forte mobilisation. 

Sa dépouille est ramenée le 5 avril à Conakry et une veillée funèbre est organisée au Palais du peuple. Ses funérailles sont suivies par plus de 100.000 personnes. Les drapeaux sont mis en berne les 5 et 6 avril.

Avec son style et son ouverture internationale, le Bembeya Jazz a inspiré plusieurs groupes dans la sous-région : A Bamako, le Rail Band (dont les vedettes sont le Malien Salif Keita et le Guinéen Mory Kanté) et les Ambassadeurs ; à Dakar, l’Orchestra Baobab, le Star Band, le Super Diamono.

Une carrière singulière qui mérite de rester, dans la mémoire des futures générations, à tout jamais, ÉTERNELLE.

Abdoulaye KABA