Bill Gates, s’était prononcé depuis quelques années, lors de plusieurs de ses interventions à des mini-conférences, sur l’irruption d’une pandémie à laquelle l’humanité ne serait pas préparée. Nous sommes à l’époque en mars 2015, lorsque l’épidémie d’Ebola décimait par millier en Afrique de l’Ouest. La maladie est restée essentiellement contenue à trois pays.

« Quand j’étais petit, la catastrophe dont nous avions le plus peur était un conflit nucléaire », commence le fondateur de Microsoft. « Mais si quelque chose tue plus de 10 millions de personnes dans les prochaines décennies, ce sera plus probablement un virus hautement contagieux qu’une guerre. […] Nous avons investi beaucoup dans la dissuasion nucléaire, et très peu dans un système pour endiguer les épidémies. Nous ne sommes pas prêts. »

Bill Gates a prophétisé alors, une épidémie plus mortelle et surtout plus étendue qu’Ebola, qu’il qualifie d’avertissement planétaire. Il cite les raisons qui ont permis d’endiguer l’épidémie Ebola, notamment la chance. « Il y a trois raisons pour lesquelles Ebola ne s’est pas propagé davantage », explique le milliardaire :

  • « Un travail héroïque des équipes de santé, qui ont évité la propagation des infections sur place
  • La nature du virus, qui ne se propage pas dans l’air : au moment où ils deviennent contagieux, la plupart des gens sont tellement malades qu’ils restent cloués au lit
  • Le fait qu’Ebola ait touché très peu de zones urbaines, ce qui relève simplement de la chance. »

Bill Gate avertit sur la dangerosité de la prochaine apparition d’épidémie. « La prochaine fois, nous pourrions avoir moins de chanceImaginez un autre virus, avec lequel les gens infectés se sentiraient suffisamment en forme pour prendre l’avion ou aller au supermarché. […] D’autres variables rendraient les choses mille fois pires : par exemple, un virus capable de se propager dans l’air comme la grippe espagnole de 1918. »expliquait-il.

Bill gates a plaidé pour un « système de santé mondial ». Il a conclut une de ses interventions en ces termes

« Je n’ai pas un budget précis, mais il serait minime par rapport aux dégâts potentiels. La Banque mondiale estime qu’une épidémie mondiale de grippe diminuerait la richesse mondiale de 3 000 milliards de dollars, en plus des millions de morts. »

Source : https://www.nouvelobs.com