C’est un accident meurtrier ayant coûté la vie à plusieurs citoyens qui vient s’ajouter à la longue liste des horreurs causées par les engins lourds et le non respect des lois et règlements en Guinée. Dans la journée de ce Vendredi 13 Mars à Sangoyah pharmacie, un camion en provenance de la Cité Enco 5 sur la transversale T4 a heurté plusieurs véhicules et faits des morts. Or, une interdiction de circulation des gros porteurs sur cette voie aurait été instruite depuis un moment.

Interrogé à cet effet, Mamadou Toss Camara, maire de la commune de Matoto dénonce le refus des conducteurs d’obtempérer et assure que lui et son équipe s’investiront à faire en sorte que les dispositions soient désormais appliquée à la lettre. « Vous savez quand on prend des dispositions, certains n’acceptent pas d’obéir. Mais je pense qu’avec la nouvelle équipe du conseil communale, on va prendre toutes les dispositions pour que les principes soient respectés désormais », a t-il confié.

Mamady Condé est un conducteur de bus que nous avons rencontré dans la foulée sur les lieux du drame. Très remonté, il accuse la légèreté avec laquelle, la police routière appliquerait cette disposition. Ce qui, selon lui, serait d’ailleurs à l’origine de cet accident : « Aux environs de 12 heures, j’étais dans un taxi de Lambanyi pour Sangoyah. Au niveau des rails j’ai trouvé une camionnette chargée de brique qui devait descendre vers Sangoyah. J’ai interpellé un policier en lui disant qu’il y a un camion qui est entrain de descendre et qu’il devait le bloquer à partir de “Car plaque”. J’ai quitté les lieux et après quelques moments j’apprends qu’un camion a tué des gens. Il faut que la police joue vraiment son rôle. Elle n’est pas là pour céder à la malhonnêteté », a-t-il dénoncé.

La police routière quant à elle rejette la charge de cette non application sur les conducteurs de camions. Bernard Soropogui est commissaire-adjoint de la sécurité routière d’Entag: « Il m’ont dit que la voie était interdite aux camions. Mais généralement les camions descendent quand la police n’est pas là. Sinon c’est formellement interdit aux camions de descendre la colline », nous a-t-il confié sur les lieux du drame.

Plusieurs décisions prises par les autorités dans le cadre de la régulation de la circulation et la sécurité des usagers de la route ne sont pas respectées par les populations ou du moins sont bafoués par les garants de leur application. Les visites techniques depuis des lustres, voulues de tous leurs vœux par les guinéens, ne semblent préoccuper les décideurs. Ce malgré le bilan macabre que font les accidents. 

Combien de morts faut-il attendre pour y penser?

Abdoulaye KABA