Même si son feeling le laisse difficilement croire, Pat’s comme on aime à l’appeler affectueusement, est juriste de formation. Elle a dû renoncer à ce statut pour se consacrer finalement à sa vocation et à son rêve inébranlable « la coiffure ». Elle est depuis plusieurs années, une icône incontestée de son domaine et surtout une leader au sein de la jeunesse guinéenne. Pat’s coiffe presque toutes les stars de Conakry, mêle celles d’ailleurs, de passage à Conakry.

Notre rédaction est allée à sa rencontre ce mardi 25 février 2020. Voici le résumé de l’entretien.

Patricia Lamah est entrepreneuse mais avant juriste. Tout a commencé en tant qu’assistante du conseiller juridique d’une banque en 2011 après j’ai été embauchée dans une autre comme conseillère juridique j’ai fait 8ans de banque avant de me consacrer officiellement à la coiffure. Et c’est effectivement cette coiffure qui a fait d’elle une étoile. 

Son tout premier salon a été ouvert le 07 janvier 2017, à ce jour elle en a trois. Un à Kipé qui est le siège de sa boîte, une représentation à dabondy et un dernier à Kobaya. 

A la question de savoir comment elle en est arrivée là? Patricia répond : « C’est une question d’organisation, je me suis lancée en janvier 2017 j’avais des objectifs à atteindre et je suis restée concentrée sur ces objectifs sans pour autant dénaturer la vision que j’ai pour mon entreprise ». 

L’ascension fulgurante de la jeune mère s’est faite à l’occasion de sa participation en tant qu’ambassadrice de la Guinée, à la troisième édition du concours panafricain de Coiffure “Coiffure kitoko”. On se rappelle bien de ce beau souvenir mais sur les raisons qui l’ont motivée et ce que ce sacre a changé dans sa carrière, elle est la plus légitime pour se défendre. « La première raison c’était à dimension nationale , mon pays n’avait jamais participé à ce concours et donc c’était déjà un honneur pour moi de représenter la Guinée pour la première fois à ce concours.La seconde, c’était un défi personnel , je me suis lancée dans la coiffure il fallait que je me prouve que j’avais ma place dans ce monde donc participer à un concours panafricain de cette envergure était pour moi un défi personnel c’est de là qu’est parti l’envie de développer ce talent que j’avais en moi.

Aujourd’hui coiffure kitoko m’a permis de savoir que j’avais un talent, j’ai pu le développer et me consacrer à lui. J’ai donc démissionné de la banque. Ça été une révélation pour moi ». 

Son actualité d’entrepreneuse révèle, une championne pleine d’initiatives et qui ne compte surtout pas s’arrêter en si bon chemin. Elle veut diversifier ses activités et étendre son champ d’action. « Aujourd’hui on est entrain de développer l’entreprise et la marque Pat’s parce que j’ai mis en place une gamme de produits cosmétiques naturels. Nous sommes en train de faire en sorte que cette gamme soit vendue hors du pays et qu’elle soit utilisée par tous les guinéens ».

Vous vous pouvez assurément la question suivante: mais de quoi est-ce qu’elle s’inspire?

Eh bien, voici sa réponse: « Je peux dire que c’est tout ce qui m’entoure. J’ai des gens et des modèles que je suis. Selon chaque personne qui se présente à moi, il y a une idée qui me vient pour essayer de coiffer selon son visage, son statut, selon ce qu’elle veut. Cela dépend des clients et le but est surtout de révéler la beauté naturelle.

Pat’s natural Beauty mobilise assez de clients, le salon refoule du monde, sa petite recette réside dans: « Le fait d’être proche de ses clients. C’est important. La qualité des services, surtout l’accueil ce sont des choses très importantes. Ce n’est pas le service rendu mais la manière dont le service est rendu qui est essentiel. Donc mes clientes sont toutes mes sœurs, mes tantes, mes mamans, mes amies. Je fais en sorte que le salon soit comme un endroit où elles viennent s’amuser, discuter, se confier qu’elles se sentent comme à la maison mais avec une valeur ajoutée parce que je ne suis pas le seul salon qui fait des cheveux naturels mais il faut savoir mettre sa signature sur chaque travail qu’on fait , mettre son empreinte et laisser cette empreinte sur les gens » a-t-elle fait savoir.

 Pat’s jumelle profils d’entrepreneuse, d’activiste et même de féministe. Elle est passionnée des questions en rapport avec la Femme. « Tout ce qui touche à la femme me concerne aussi. Je préfère être du côté de celles qui se battent pour que ça change que d’être du côté de celles qui subissent et ne font rien. Comme toute femme, j’ai de l’empathie pour les femmes qui ont été victimes de violence et si j’ai l’occasion de me battre pour elles, je le ferai jusqu’au bout».

Patricia ne tarit pas de conseils. Aux jeunes, elle conseille d’être plutôt actifs que passifs.

« Le moment est pour l’action il faut agir on a donné assez de conseil on a parlé on a fait beaucoup de conférence on a fait des meeting pour essayer de conscienter la couche juvénile. Le moment est pour l’action et non à la parole c’est ce que je peux dire à mes sœurs. Agissez ! » conclut-elle. 

Patricia Lamah fait partie aujourd’hui des jeunes guinéens les plus en vue. Elle bénéficie d’une forte admiration au sein de la gente féminine, fait donc rêver plus d’une.

La rédaction