L’initiative a mis à nu les profondes divisions qui caractérisent la société guinéenne. Depuis quelques 3 ans, les intentions étaient prêtées au Président Alpha Condé, âgé de 81 ans, de vouloir changer la constitution en vue de s’octroyer un ou des mandats supplémentaires. Le sujet a été étalé sur la place à travers les médias et dans les débats publics depuis 2018. 

Au début, c’est le doute qui a d’abord persisté sur les intentions de l’homme fort de Conakry, à vouloir changer la constitution guinéenne du 10 Mai, encore en vigueur, et sur laquelle il a juré deux fois, de la respecter et la faire respecter.
Sa mouvance développait alors un seul élément de langage “le principal concerné se prononcera sur le sujet au moment venu“.
Aujourd’hui, le changement de la constitution est devenu une réalité qui polarise l’actualité nationale. Dans seulement quatre jours, les guinéens devraient se rendre aux urnes pour voter OUI ou NON, la nouvelle Constitution et en même temps élire leurs “représentants” à l’Assemblée nationale. Si cette nouvelle constitution est adoptée, Alpha Condé pourrait avoir la possibilité de s’octroyer six ou douze nouvelles années à la tête de la Guinée.

Cette volonté du pouvoir n’est pas restée sans conséquences au sein de l’opinion. Le FNDC s’est constitué et la lutte a été engagée depuis octobre 2019. Elle a coûté des vies humaines et fait enregistrer des dégâts matériels importants.

A quelques jours de ce double scrutin qui suscite peur et incertitudes, notre rédaction vous propose une rétrospective chronologique des moments marquants de cette crise.

  • Le 29 mai 2019: à la faveur d’une conférence de presse, pour présenter son bilan, un an après sa nomination, le Premier ministre s’est engagé ainsi que son gouvernement à soutenir le changement constitutionnel.
  • Un mois plus tôt (3 Avril 2019) naissait le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC): Une coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile dont le principal parti de l’opposition (UFDG), la PCUD…
  • Le 4 septembre 2019: discours du président sur l’ouverture des consultations par le PM sur la nouvelle constitution
  • Mardi 10 septembre: ouverture des consultations boycottées par les principaux partis de l’opposition qui y voient une légitimation du projet de nouvelle constitution
  • Le 14 octobre 2019: début des premières manifestations à l’appel du FNDC (une dizaine de mort et + 30 morts à date)
  • 11 novembre 2019 : convocation du corps électoral pour les élections législatives le 16 février, par décret.
  • Jeudi 19 décembre: Alpha Condé ne recule pas, il annonce dans un discours lu à la RTG, l’élaboration d’une nouvelle constitution 
  • Mardi 14 et mercredi 15 janvier : Première semaine de résistance active et permanente organisée par le FNDC. Pic de violence sur l’axe le Prince et en moyenne-Guinée.
  • Mercredi 29 janvier 2020: suspension de la résistance par le FNDC. Trêve d’une semaine, suite à une médiation des religieux.
  • Lundi 3 février 2020: report des élections législatives annoncé par décret lu sur les médias d’Etat.
  • Mardi 4 février 2020 : publication du décret d’annonce du couplage Législatives – Referendum fixé au 1er Mars, sur les médias d’Etat.
  • 7 février 2020 : publication du décret d’ouverture des campagnes électorales, sur les médias d’Etat.
  • 24 février 2020 : retrait de l’Organisation Internationale pour la Francophonie (OIF) du processus électoral, mettant ainsi à nu les défaillances révélées par les opposants et isolant davantage l’institution électorale. 

Quelle sera la prochaine étape à votre avis? A votre avis, ces élections auront-elles lieu ou non? Les trouvez-vous légitimes? Que changeront-elles en Guinee selon vous?

Avez-vous une ou des propositions de sortie de crise?

Merci de nous laisser vos réponses en commentaire sur la page Actujeune.com

DARABA