Junior Kpakpataki de son vrai nom Robert Kaliva Guilavogui est un artiste chanteur et activiste de la société civile guinéenne. Il est leader d’opinion du mouvement “Elazologa” (qui signifie ça ne marchera pas) et membre du FNDC local de Macenta. Il aurait été arrêté par des gendarmes sous ordre du Préfet de Macenta Mohamed Cheick Diallo, ce Samedi 15 Février 2020 et déporté vers une destination qui reste pour l’heure inconnue.

Face à cette situation, le Comité de Prévention et de Règlement des Crises en Guinée forestière, en collaboration avec les ONGs Mêmes Droits pour Tous (MDT) et Avocat Sans Frontières ont animé ce lundi un point de presse à la maison de la presse guinéenne pour hausser le ton. A travers un communiqué lu, les trois structures condamnent fermement cet acte qu’ils qualifient d’ailleurs d’« atteinte aux Droits de l’homme ».

Maitre Aimé Christophe Labilé Koné est Président à la fois de l’ONG Avocats Sans Frontières et celui du Comité de Prévention et de Règlement des Crises en Guinée forestière : « Nous ne sommes plus supposés être dans un Etat de droit. Parce que même le minimum d’un État de droit n’est pas respecté. Dans un pays on peut commettre des infractions. C’est tout à fait normal. Mais si un citoyen est soupçonné avoir commis tel ou tel fait qui enfreint à la loi, il y a toute une procédure à suivre. Mais cela ne se fait pas aujourd’hui », a t-il évoqué. 

Pour Maitre Mohamed Traoré, bâtonnier de la République, cet acte est une sorte d’expérimentation d’arrestation préventive: « Lorsqu’il y a des manifestations qui sont prévues on procède à l’interpellation de personnes supposées être les plus engagées ou les meneurs de ces manifestations. Mais ce qui rend le phénomène beaucoup plus grave aujourd’hui, ce sont des personnes cagoulés qui viennent à bord de véhicules non immatriculés et qui procèdent à des arrestations en dehors de toute procédure »

Maitre Pépé Antoine Lama avocat du prévenu, présent à cette occasion, a, pour sa part, annoncé une plainte contre le Préfet de Macenta pour « abus d’autorité » dans les prochains jours.

L’arrestation de citoyens opposés au projet de référendum constitutionnel n’est pas à sa première dans le pays, c’est d’ailleurs devenu une habitude persistante. L’un des cas récent est celui survenue le 31 Janvier 2020 à N’zérékoré où Fassou Goumou, membre de l’antenne du FNDC à N’zérékoré s’est vu arrêté et déporté à Conakry.

Abdoulaye KABA