L’importation des marchandises par les frontières terrestres est suspendue jusqu’à nouvel ordre en Guinée. C’est une décision des autorités douanières du pays. Elle serait motivée par des alertes de menaces terroristes et d’introduction d’armes sur le territoire national. Une mesure qui inquiète les commerçants, transporteurs et citoyens rencontrés par notre rédaction à Conakry.

Cette information est perçue comme un coup de tonnerre dans le ciel commercial guinéen. La mesure frappe surtout les importateurs de marchandises par voie terrestre qui sont d’ailleurs les principaux concernés. Jusqu’à nouvel ordre, aucune marchandise venue de l’étranger ne franchira les frontières guinéennes. Une pilule difficile à avaler pour les commerçants importateurs qui ne cachent pas leur désarroi « C’est dans ça qu’on parvient à nourrir nos familles. Comment est ce qu’on pourra évoluer maintenant si notre business est bloqué ? Que le gouvernement trouve une alternative pour nous aider. Sinon, nous sommes vraiment très inquiets » a exprimé un grossiste au grand marché de Madina.

A peine annoncée, sans aucun délai d’adaptation fixé, la décision est aussitôt entrée en vigueur et les conséquences n’ont pas tardé à se faire sentir. Résultats, d’énormes marchandises périssables sont bloquées aux bornes terrestres guinéennes comme celles qui séparent le pays du Mali. Oumar Diabaté chef de ligne à la gare routière de Bamako, est irrité: « Je vais comme ça pour demander à mes chefs, ce qui ne va pas. Parce qu’il y a plus de quarante camions qui sont bloqués aux frontières en ce moment même depuis hier nuit. Certains sont chargés d’oignons et d’haricots et ces marchandises commencent à pourrir. Ce sont les guinéens qui vont souffrir à nouveau ».

Le risque d’introduction d’armes à feu est l’un des motifs brandis par l’Etat pour défendre sa décision. Lundi dernier un container sorti du port autonome de Conakry, appartenant à un importateur de moto a été réquisitionné durant plusieurs heures, suite à une confusion entre agents des services de douanes et policiers. Une situation fustigée par Ibrahima Kabassan Bérété, propriétaire des produits en question: « Il y avait un problème entre les deux. La douane se réclamait comme étant la plus compétente. C’est ainsi qu’ils ont remonté l’information à leurs chefs hiérarchiques,  ils se sont compris après la communication téléphonique des deux. Ils nous ont dit que c’est un contrôle de routine. Qu’ils veulent savoir ce qui se trouve dans notre container parce qu’ils avaient des soupçons. Ils ont également évoqué une raison de sécurité nationale. Après vérification, ils n’ont trouvé que des pièces des motos emballées dans des cartons. Ils nous ont tout de même fait savoir, qu’un autre container chargé d’armes serait sorti du port sans trace ; qu’ils se sont trompés de cible puis se sont excusés ».

Pour beaucoup de citoyens que nous avons rencontrés, la fermeture des frontières terrestres ne suffit pas pour lutter contre les risques d’instabilité et de terrorisme.

Bangaly