Le Lassiri Graffiti est un festival qui consiste à sensibiliser à travers des images sur des thématiques poignantes comme l’excision, la migration irrégulière et beaucoup d’autres tares de notre société. Il est initié par des jeunes guinéens qui ont le vent en poupe et qui réussissent à faire parler d’eux par leurs ingénieuses traces laissées ça et là à travers Conakry. Cet art laisse transparaître les énormes potentialités une jeunesse guinéenne, qui trépigne d’envie de s’affirmer et de s’exprimer.

Notre rédaction pour le compte du Jeudi des Jeunes est allée à la rencontre du commissaire général dudit festival.

AJ: Bonsoir mosieur

Léfa: Bonsoir 

AJ: Présentez s’il vous plaît ?

Léfa: Mon nom est Mbaye Aissatou Fall pour l’état civil, connu sous le nom de Léfa Albis Fall, administrateur de l’ONG Guinée Challenge, structure initiatrice du Festival Lassiri Graffiti, dont je suis le commissaire général.

AJ: Dites-nous c’est quoi le lassiri graffiti ?

Lefa: Le Lassiri graffiti est un festival qui a pour but de faire de Conakry, la plus belle Capitale en image, en histoire, en propreté et de contribuer à sa manière, à la sensibilisation de la population, en véhiculant des messages de citoyenneté et de civisme qui permettront à la Guinée de se développer.

AJ: Pourquoi le nom Lassiri graffiti ?

Lefa: Lassiri, est une expression soussou qui signifie, digne fils et graffiti signifie beauté, couleur donc faire participer les dignes fils à rendre beau le pays.

AJ: Depuis quand avez vous commencé à le faire ? 

Lefa: Depuis 2014, nous avons mis en place le Lassiri graffiti, et on a eu à faire la première édition en 2018, de l’idée à la concrétisation il y’a eu un énorme travail qui a été abattu avec des jeunes et Dieu merci on a fait la première édition en 2018, on vient de finir avec la 2ème édition en décembre 2019.

AJ: Comment vous sensibiliser à travers le graffiti ?

Lefa: On dit souvent que beaucoup de choses se résument en image, la Guinée a plusieurs langues nationales et la majeure partie  des guinéens ne comprend pas français. En parlant dans une seule langue nationale, on peut ne pas être compris par certains, à travers les images, même celui qui n’a pas été à l’école peut interpréter à sa façon et comprendre ce qu’on veut transmettre comme message. C’est ainsi qu’on a décidé de sensibiliser à travers les images, en choisissant les places publiques fréquentées pour faire passer nos messages sur des thèmes que nous avons choisis.

AJ: Pourquoi ne pas avoir choisi une autre forme d’art; le cinéma, la musique, le théâtre par exemple?

Lefa: Je suis manager, administrateur culturel, le constat que j’ai fait est qu’on a chanté, on a fait des films pour sensibiliser des gens sur beaucoup de sujets comme l’insalubrité, les violences basées sur le genre, la migration irrégulière etc…, on a fait des meetings et jusque là il n’y a pas beaucoup de changement, mais si on dessine et faire participer la population en la sensibilisant à travers ces images, on estime que beaucoup de choses peuvent changer.

AJ: Avez vous eu des financements de la part de l’État ou d’autres institutions pour concrétiser ce projet ?

Lefa: De la part de l’Etat non, mais comme tout jeune, ce qu’on fait si on est motivés et déterminés même sans rien on pourra poser des actes. On a eu à rencontrer les autorités, ce qu’on a eu de la part de l’État c’est l’autorisation de faire le travail au niveau du pont 8 novembre, à travers le Gouverneur qui nous a cru. On s’est battus de nous-mêmes et des personnes de bonnes volontés avec qui on collabore, qui nous boostent quand nous sommes en manque de peinture ou autre chose.

AJ: Quelles sont les actions phares que vous avez menées depuis l’initiation du festival jusqu’à aujourd’hui ?

Lefa: De 2014 , 2015 , 2016 on a pas eu à faire des choses publiquement, on l’a fait pour les hôtels, maisons, églises et écoles. Ce qui nous a permis par la suite d’organiser le festival. Et depuis qu’on a mis le festival en place jusque là on a eu à faire: une femme, une image avec le club des jeunes filles leaders de Guinée, un projet financé par l’UNFPA, qui nous a permis de sensibiliser la communauté sur les questions liées à l’excision en 10 dates avec les tableaux qu’on a faits en graffiti sur lesquels on a mentionné les méfaits de l’excision dans les cinq communes de la capitale. On a aussi nettoyé quelques quartiers tout en sensibilisant les jeunes et on a fait quelques images sur les lieux et on vient de finir le festival, là on veut organiser le Lassiri School Tour qui consistera à partir dans les écoles pour des sensibilisations concernant la propreté toujours avec des images. 

Nous avons prévu 15 à 20 écoles si toutefois nous aurons les moyens, au cas échéant nous partirons avec 4 ou 5 établissements.

AJ: Nous sommes à la fin de l’interview, avez-vous un message à lancer?

Lefa: D’abord merci à toute l’équipe d’Actujeune.com qui m’a donné la parole au nom de L’ONG Guinée Challenge, je lance un appel à tous les Jeunes guinéens d’entreprendre et de ne pas attendre une aide spéciale, de réfléchir et poser des actes. 

La troisième édition du festival aura lieu à la fin de l’année 2020 et beaucoup d’autres innovations sont prévues selon l’interviewé.

Abass D