À quelques jours de la date fixée pour les élections législatives en Guinée, les commissaires des CECI, CEPI et CESPI brisent le silence et expriment leur mécontentement à la presse.

Ces agents de terrain se disent confrontés à des nombreuses difficultés dans l’exercice de leur travail en cette période d’activités électorales. Elles seraient d’ordre financier et matériel et les intéressés en  auraient fait part au président de la commission électorale nationale indépendante, dans l’espoir d’y remédier, mais en vain.

Après plusieurs tentatives échouées de laver le linge sale en famille avec le président de la CENI, les commissaires des commissions électorales communales, préfectorales et sous-préfectorales, décident en fin de sortir de leur mutisme pour dévoiler les vrais problèmes auxquels ils sont confrontés depuis le démarrage du très controversé processus électoral. Thierno Mamoudou Diallo, en est leur porte parole. « Notre travail c’est de nous assurer du bon déroulement de l’activité sur le terrain. Et pour le faire, il faut que nous fassions au minimum trois fois le tour de nos CARLE par jour, pour voir s’il y a des problèmes, des difficultés et essayer de les résoudre. Mais les moyens matériels manquent, les moyens financiers manquent, les moyens de communication de manquent ».

Le collectif des commissaires des CECI, CECI, CESPI en conférence de presse.

À en croire le porte parole du collectif mis en place pour la circonstance, la volonté manque chez maître Salifou Kébé pour améliorer leur condition de travail surtout avec un maigre salaire de 700 mille francs guinéens par mois pour chaque agent du terrain. « Il nous a dit réellement que son souci majeur lui, (le président de la CENI Ndlr), est la réussite du processus électoral. Donc pour cela, qu’il va voir ses partenaires financiers pour résoudre le problème. Nous sommes restés dans notre coin comme il nous a demandé de rester tranquille. On a attendu un mois, deux mois, la même chose. Alors nous sommes revenus à la charge avec une nouvelle lettre, il n’y a pas eu de réponse », a t-il expliqué tout énervé.

À cette allure, la tension risque de monter d’un cran entre les chefs des structures déconcentrées et le patron de l’institution nationale électorale. 

Aucune décision de bouder le processus électoral n’est prise, mais les commissaires lancent un dernier appel au président de la CENI. « Nous lui demandons, d’accepter d’améliorer nos conditions de travail. Nous n’avons pas demandé l’océan Atlantique à boire. Nous avons juste demandé de nous permettre d’avoir l’occasion de faire parfaitement bien notre travail, pour être utile à la Nation. Qu’il accepte d’accéder à cela quand même ». 

Si cet appel ne connu pas de suite favorable, les contestataires promettent de se faire entendre de la manière la plus ferme dans un bref délai.

Pour rappel, les législatives sont prévues dans deux semaines.

Yam’s