Malgré la floraison des mouvements féministes, des associations pour la protection et La Défense des droits des femmes et des jeunes filles, la Guinée caracole toujours en tête des pays les plus affectés par les violences basées sur le genre. Le viol, considéré comme l’une des plus graves violences, bien que criminalisé en Guinée, devient beaucoup plus récurent. Ce, malgré les luttes acharnées menées par les activités et les victimes ou leurs proches.

Le taux de viol augmente d’années en années. en 2018 , il s’élevait à 117 cas du 1er janvier au 31 décembre. Contrairement en 2019 , du 1er janvier au 30 juin , le taux était déjà à 109 dont 87 cas de filles âgées de moins de 18ans et 22cas de filles âgées de 18ans et plus, durant toute l’année, 393 cas ont été enregistrés selon une note publiée par l’office pour la protection du genre de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), un département rattaché au ministère de la sécurité, qui est en charge des questions liées à la protection des femmes, filles et enfants. Des sensibilisations au niveau des familles, des plaidoyers au niveau des autorités ont été faits pour que les coupables soient punis. Au-delà de ces efforts, le 11 octobre dernier, lors de la journée internationale de la jeune fille, un sit-in a été organisé par des associations féminines afin de dénoncer le viol sur mineurs avec des slogans scandés ça et là tels: “la honte doit changer de camp” “criminalisons le viol sur les enfants” , “non au viol, protégeons nos enfants” et tant d’autres. Selon plusieurs personnes, les raisons sont diverses et le style vestimentaire des jeunes filles pousseraient les hommes à agir ainsi. Contrairement à d’autres, comme Elizabeth Araujo, chargée de communication du cercle des jeunes filles libres et battantes de Guinée, rien n’explique le viol. Elle insiste que les violeurs doivent être punis.

L’on pourrait bien se demander si cette croissance du taux de viol n’est pas liée au manque de prise de mesures draconiennes pour réprimander le viol ou si c’est parce que désormais la parole est libérée chez les victimes? La réalité est que les femmes sont dorénavant déterminées à faire en sorte que la honte change de camp. 

Abass D.