Nous nous apprêtons à vous amener à la découverte d’une véritable mémoire vivante, un griot né dont la carrière est l’une des plus belles de l’épopée de la saga des musiques africaines. Décrire les moments forts de la carrière de Mory Kanté, s’avère être un exercice délicat, tellement sa carrière reste émaillée d’exploits. Néanmoins voici les faits majeurs qui ont su retenir l’attention de notre rédaction.

Début d’une longue et brillante carrière de plus de 50 années, toujours en cours.

– En 1971, alors qu’il a 21 ans, c’est le début d’une véritable évolution professionnelle pour Mory Kanté. Il est repéré par le saxophoniste Tidiane Koné qui le fit intégrer le Rail Band de Bamako. 1973, est l’année qui l’a vu remplacer Salif Keita au lead vocal du mythique groupe de Bamako. Avant de signer son départ du groupe et son installation à Abidjan en Côte d’Ivoire en 1978.

– 1981 fut l’année d’enregistrement de son premier disque “Courougnegne” à Los Angeles, sur le label du noir américain Gérard Chess, Ebony.

– Trois ans après, en 1984, vint le moment de réaliser son fantasme de découvrir l’Europe. Il sort à la même année un premier album intitulé « Mory Kanté à Paris». La preuve vivante de sa profonde envie d’exercer sur le vieux continent. Il devint une figure essentielle de la scène “world” en passant en octobre 1984 à la Mutualité, en décembre, au New Morning. Puis à Bercy l’année d’après au festival du Printemps de BourgesYoussou N’Dour.

– Ce succès lui valut en 1985, une invitation par le saxophoniste camerounais Manu Dibango à enregistrer, avec plusieurs autres artistes africains, une chanson au profit des éthiopiens, victimes de la famine à cette époque. 

– « Ten Cola Nuts” son troisième album est sorti en avril 1986, un travail très soigné et salué par les critiques, dans lequel opus, Mory Kanté aurait prouvé un équilibre musical et culturel.

– Le 29 mai, alors qu’il est endeuillé par la disparition de son centenaire de père, il entame une longue tournée, inauguré par un premier concert au Zénith de Paris.

– l’année 1987 est l’une des plus importantes de sa carrière. Il tutoie le sommet des charts mondiaux, après la sortie de son nouvel album “Akwaba Beach”. C’est la consécration. Un disque qui marque le triomphe du funk mandingue grâce un titre particulier, “Yéké Yéké”. Cette chanson qui explose les hits-parades du monde entier, à commencer par les Pays-Bas. Il devient un succès exceptionnel qui fera danser le monde entier. En quelques années, il atteint des scores de vente chiffrés en millions d’exemplaires, et fait l’objet d’innombrables transformations, remixes, adaptations et reprises en hébreu, arabe, chinois, hindi, portugais, anglais ou espagnol. Avec “Yéké Yéké”, Mory Kanté devient l’artiste africain le plus vendu et peut-être le plus connu à travers le monde. 

– En juillet 1988, le titre “Yéké Yéké” atteint la première place du classement pan-européen du Billboard. Il reçoit ensuite un disque d’or en octobre 1988 en France, puis en novembre le prix aux Victoires de la Musique du meilleur album francophone.

– En septembre 1990, Mory Kanté sort son album “Touma” (“Le moment”). Pour l’occasion et fort de sa notoriété, il s’entoure de grands noms dont le guitariste chicano-américain Carlos Santana (très connu en Afrique).

– Le 14 juillet 1990, avec Khaled l’auteur de la chanson universelle « Aicha », il représente la France, lors d’un concert géant à New York, dans le Central Park. En novembre, dans la même ville, il participe au Gala de la francophonie dans le célèbre Apollo Théâtre de Harlem où son idole James Brown, a fait ses débuts.

– 1990 marque l’année des velléités de retour au bercail chez Mory Kanté. Fort de son prestige et de ses réseaux, c’est le début du projet de complexe culturel du nom de Nongo Village, actuelle MoryKantéya.

– Il a été invité en 1991 à donner un concert lors de l’inauguration de l’arche de la défense à paris. 

– L’année 1993 a connu la sortie de l’album « Nongo Village » suivit de l’obtention du “Griot d’Or” en 1994.

– En 1996, Mory Kanté sort un album autoproduit. En effet, l’album “Tatebola”, suscite de l’enthousiasme chez le public qui le retrouver sur scène à la Cigale en mars 1997.

– En juillet 1997, Mory Kanté est présent à la world music festival en Grande-Bretagne, en août à l’île Maurice, puis en septembre en Autriche. La notoriété des années passées s’estompé avec le temps, mais “Yéké Yéké” demeure une éternelle carte de visite pour l’artiste guinéen dont le travail conserve toujours une qualité de haut niveau.

– Après un silence quinquennal sur le marché du disque, c’est finalement en juin 2001 qu’il sort “Tamala” (le Voyageur), son 7ème album. Il est ensuite nommé ambassadeur de la FAO, lors de la cérémonie de la Journée mondiale de l’alimentation.

– Courant 2003, Mory Kanté est invité à donner un concert en Afrique du Sud à la prison Robin Island, où Nelson Mandela a été incarcéré, pour rendre hommage à la lutte anti-apartheid.

– L’année d’après, le “griot électrique” revient aux sources et sort son huitième album labellisé “Sabou ». Cet album fait découvrir une nouvelle facette de l’artiste.

– En 2007, il est à la cérémonie d’ouverture des Jeux africains à Alger.

-Face aux troubles politiques que connait sa Guinée natale, il rejoint le collectif d’artistes qui enregistre la chanson “Unité en Guinée/Tous ensemble”, fin 2010. En juillet de la même année, c’est à lui que revient l’honneur de clore la Nuit africaine organisée au Stade de France, près de Paris

Son dernier opus, la guinéenne est sortie en 2012. Cinq ans après, l’artiste international guinéen rafle en 2017 le grand prix SACEM des musiques du monde.

Le prix Coup de cœur, musique du monde de l’Académie Charles Cros (catégorie jeune public) est la dernière distinction internationale acquise par la légende vivante Guinéenne. Il l’a obtenu en 2019.

A celle-là, s’ajoute le récent choix porté sur sa personne, pour qu’à jamais le prix de la catégorie culture des J-Awards Guinée, porte son nom. L’objectif étant que sa légende soit incessamment contée aux générations futures.

Mory Kanté mérite tous les honneurs pour avoir dignement représenté l’identité culturelle de la Guinée. C’est pourquoi personne n’a été surpris de le voir être décoré, le 18 décembre par le Président de la République Alpha Condé pour ses services rendus à la culture guinéenne.